‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 754 sur 761 · CHAPITRE CCLXXin · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXin

Comment le duc de Bourgogne mit la duché de Luxembourg en wn obéisunce.

Or convient parler du dit duc de Bourgogne, lequel en ce temps faisoit grands préparations pour aller en la duché de Luxembourg, et avoit plusieurs moyens qui de jour alloient et Tenoient devers lui pour savoir si on pourroit trouver aucuns bons moyens entre la duchesse et ceux qui étoient envers elle désobéissants, lesquels Ans ne se purent trouver. Et pour cette cause , le dessus dit duc se disposa du tout d'eux livrer forte guerre et les mettre en l'obéissance d'icelle duchesse. Si envoya premier au dit pays messire Simon de Lalain et de trois & quatre cents combattants avec lui , qui se Joignirent et assemblèrent avec le comte de Yernembourg et les autres nobles du pays de la marche qui étoient alliés au dit duc de Bourgogne. Et se logèrent en Arlon et en aucunes autres villes qui tenoient le parti de la dite duchesse, comme dit est ci-dessus. Et eux venus en icelui pays , cuidèrent par moyens avoir l'obéissance de Tbionville ; en quoi ils faillirent, pource que le comte de Clicque et ceux de son parti les avoient attraits de leur c6té ; et y mirent des gens de guerre pour les aider à entretenir. Et depuis , assez bref ensuivant, vint icelui comte de Clicque atout grand' puissance, garni de charrois et habillements de guerre , loger assez près de la ville d'Arlon, qu'il enlendoit assiéger ; et y eut entre les parties grands escarmouches où furent aucuns de ses gens morts et blessés. Et depuis, doutant la grand' puissance du duc de Bourgogne , se retrahit à Luxembourg. Durant lequel temps, les dessus dits firent plusieurs courses l'un contre l'autre ; et alloient les Picards aucunes fois/ourre jusqu'aux portes de Luxembourg.

Et entre-temps , le dessus dit duc de Bourgogne se partit du dit lieu de Dijon en très bel arroi , grandement accompagné de chevaliers et écuyers , et s'en vint ft Yvoy, qui est de la duché de Luxembourg; et là se logea, et y fut reçu des habilanis moult joyeusement. Auquel lieu d'Yvoy il conclut de faire assiéger un chA-

tel nommé Yilly, qui éloit garni de plusieurs saquementf qui long temps par avant avoient fait et faisoient de Jour en Jour de grands oppressions et tyrannies au pauvre peuple du dit pays; et étoit leur chef un nommé Jacquemin de Beaumont. Si eurent la charge de les assié» ger Guy de Roye et le seigneur de Saveuse , Hue de Hasives et aucuns autres chefh ; lesquels y allèrent atout six cents oombatlanls ou environ, et y fit dre$ser plusieurs gros engins qui les adommagèrent. Et se disoient les des» sus dits être au damoisel de Commercy, qui avoit été en la compagnie du dauphin à prendre la bastille de Dieppe , comme dessus est dit. Si fut averti d'icelui siège ; et pour le cai* der lever, assembla environ mille combattants; entre lesquels étoient Le Roucin, Pierre Robert et plusieurs autres routiers de guerre. Si se tirèrent par plusieurs Journées en approchant ceux du siège dessus dit, et tant qu'à un matin férirent dedans leurs logis ; et de première venue se boutèrent dedans sans y trouver résistance, sinon assez petite. Néanmoins, ceux qui avoient la charge du dit siège, oyanis l'efft'oi, rassemblèrent leurs gens bien en bftte, en belle et bonne ordonnance , et commencèrent A marcher avant contre leurs ennemis ; lesquels assez tôt ils reboutèrent hors de leurs dits logis aux champs ; et là de tous cdtès se commencèrent de très grands escarmouches ; auxquelles se portèrent tt-ès vaillamment messire Gauvain Quieret, messire Hue de Longueval et plusieurs autres avec les chefs dessus nommés. Lequel messire Gauvain y étoit venu un Jour devant, et les avoit avertis de la venue du dit damoiseau de Commercy.

Finablement, icelui damoiseau et ceux de sa compagnie, voyants qu'ils pouvoient plus perdre que gagner é illec demeurer longuement , se partirent assez hâtivement et s'en retournèrent au dit lieu de Commercy ; et y (tirent morts huit ou dix de ses gens et plusieurs navrés , et de la partie des assiégeants fut mort un gentilhomme nommé Gaultier de Pavant et peu d'autres avec lui. Lequel de Commercy s'en alla avec le dit Jacquemin de Beaumont , et issit du chAtel par derrière, entre-temps que la dite escarmouche se faisoit, en rt>andonnant SCS gens ; lesquels se rendirent en bref terme ensuivant, par tel si qu'ils s'en iroient atout

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