‹ Choix de discours & allocutions des plus célèbres orateurs pour la retraite et le jour de la première communionChapitre 17 sur 100 · DES FRÈRES PRÊCHEURS · texte numérisé non relu

DES FRÈRES PRÊCHEURS

La Communion sacrilège

La première préparation à la communion est de vivre surnalurellement, c'est-à-dire de posséder la grâce de Dieu, qui doit s'accroilre dans l'âme par l'assimilation de l'aliment eucharistique. Si rame l'a perdue, il faut qu'elle la recouvre, non plus par l'acte générateur qui la lui a donnée

une pretnii leur auquel J.-C.

sang : la]

• sVn ap] que Le i un ôtr réveil]

i. . si la communion n [u'inuti

un malheur ; 1.

odieux, Le Bacrilège. On a dit de la que c'était le plus horri]

pût commettre. N'e: peul in-

duire nuire CO] -

laines fautes, et rem que

nous devons avoir pour plus ci 1 de

s'attaquer directement à 1 l'humanité de J.-C, plus crin.

naturel du Sauveur que de cra-

mentel. Par conséquent, l'incrédulité positb le blasphème, les mauvais traitements et la bourreaux du Christ ont fait subir à sa ci .able

doivent occuper la pr place dans la long

lugubre liste des prévarications hum pas moins vrai que, de tous les crimes qui ont pour effet de profaner les choses sacrées, cl ifier nos

âmes, la communion indigne est le plus odieu

Le sac outrage l'humanité du Christ, et son ou-

trage retentit sur tout ce qu'il y a de grand et de saint; il outrageât) monstrue ltwJe;iloutrag

une insigne lâcheté; il outrage sans excuse; il oui: peut-être sans rt ».

su; LA COMMUNION SACRILEGE. 03

L'humanité du Christ, eu temple vivant, cet instrument sacré, personnellement uni à la divinité, si beau, si pur,

el aujourd'hui si glorieux, le sacrilège lui fait subir le cunLacL violent de son âme corrompue par le péché. Voua avez, sans doule, lu dans l'histoire le récit des suppj infligés, jadis, par les caprices de certains tyrans, à des malheureux qu'on liait, tout vivants, à des cadavres en putréfaction. Quelque chose de semblable se passe dans l'âme des misérables qui communient indignement. Si le Christ n'était impassible, il souffrirait cruellement d'être condamné aux étreintes et aux baisers infects d'un mort; mais combien plus de la i'ete abominable donnée aux démons par cet infâme hyménée. Ils ont établi leur demeure dans L'âme du pécheur; depuis qu'il a cède a leurs suggestions, il smenl en maîtres. Chaque faute est pour eux une réjouissance, mais leur réjouissance suprême est qu'on leur livre lu corps de Celui qui, en mourant, a écrasé leur superbe et détruit leur empire. S'ils ne peuvent lui nuire, comme au jour de la passion, ils se félicitent entre eux vie voir cette source de vie devenir un vase de mort puur le misérable qu'ils ont séduit et perverti. Quel outrage !

Et pour le Verbe divin, qui voit son humanité sainte sans puissance et sans vertu dans cette ténébreuse orgie, quel outrage !

Et pour le Père adorable, qui nous a donné avec tant d'amour son propre Fils, puur qu'il fit de nous les enfants de son éternelle dilection, le voir devenir, en personne, la cause d'une éternelle réprobation, quel outrage !

Et pour l'Esprit-Saint, qui a préparé et orné avec tant de soin et de complaisance le Sanctuaire virginal où la chair sacrée du Sauveur devait prendre vie, la voir gisante dans un temple d'idoles, dans un lieu immonde, quel outra.

i il pour la Vierge Imn

honneur i I Indignement mépi outra

i.' p ir vivanl ci éternel qui fa

El pour il tifie un des membres qui lui trompée dans Bon amo même aux profanateui Ira

< lui, ru communiant indignement, L dans L'humanité du Christ, tout ce qu'il de saint; il outrage ;i\»'<- u seulement il oublie, coinine ton rendurcissenient, les nombr de Celui dont il profane le u la mort qu'un Dieu a endurées pou-

à la foi, la tion de son àme par ::ie, la

patience avec laquelle Bes fautes ont été si les

occasions propices et les ii lui fun

offerts pour s'en purifier; mais il semble multiplier à plaisir la forfaiture, comme pour se montrer pli at. C'est à l'heure même où la majesté e à

son égard d'une plus grande condescendance qu'il viole les saintes lois de l'hospitalité; c'est dans l'acte même où Dieu lui témoigne le plus grand amour qu'il devk plus criminel; c'est ce qui devrait le sanctifier davantage qu'il fait concourir à son jugement et à sa condamnation.

Ingrat, il outrage avec une insigne lâcheté. Les bandits

.: pillent les églises et vicient les tabernacles ont par: des délicatesses : ils respectent les hosties et n'emportent

que les vases sacrés qui témoignent contre eux. Lui s'en prend à l'hostie même, et il sait que l'hostie ne dira rien. L'amoureuse impuissance de son Dieu l'enhardit ; ennemi, il vient en ami ; mêlé à La foule des fidèles et couvert du masque de la piété, comme Judas, il trahit par un baiser. Personne ne connaît son indignité, il exploite cette ignorance, sachant bien, du reste, que le prêtre qui serait au courant du sériel de sa conscience n'oserait pas, ne pourrait pas lui refuser ce qu'il demande. Il abuse de la conlia née et de la discrétion de l'Eglise pour lui voler son plus cher trésor, et il s'en va, sûr de l'impunité du côté des hommes.

Qui h1 pousse à cette lâche trahison? L'orgueilleux est attiré par le faux éclat des honneurs et pressé par le besoin d'être grand : l'avare cède à la fascination des richesses; le mondain subit l'ensorcellement des bagatelles qui trompent sa. légèreté; le vindicatif est tourmenté par le souvenir des offenses vraies ou imaginaires qui ont allume sa haine; l'intempérant obéit aux besoins factices qu'a créés en lui l'habitude de se satisfaire plus que de raison; le voluptueux ne peut résister aux tendresses de son feœur ni à la chaleur de son sang ; tous s'excusent sur la fatalité des circonstances, la violence des tentations, l'entrainement, l'ardeur, l'impétuosité des passions. Le sacriest sans excuses. Si la loi de l'Eglise lui fait un devoir de communier, il doit savoir qu'on ne satisfait pas à Cette loi par un acte pervers, et que l'obéissance, en l'état où il est. devient plus criminelle que l'abstention. En B'abslenant, le pécheur esl coupable, sans doute; mais, au moins, il peut s'excuser sur son indignité, et il se peut jme l'horreur qu'il éprouve en présence de la profanation des choses saintes devienne le salutaire principe de son repentir el de sa conversion. En communiant indignement,

il franchit la limil utrage,

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Satan i'empa /

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dil saint Paul, in:

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sonne dan fcme Indigne, et il y

pronom BUT l'amour imi.

moigné en se livrant a lui sans réserve. 1 ■fuse tout bénédic

rarce même, peul-il attendre aub ma-

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de CorintheoùlA -lie,

et nous l'entendons se pi lan-

gueurs, des morts subites qui laieÉlt sa c hré-

tienté : « Ideo inter Ui inj<

miunt multi. ^ Mais l'infirmité, l'imbécillité, le lourd sommeil de l'âme Bacrilèg . n autrement terribles

que les châtiments corporels. En outrageant Dieu dans le plus grand acte de son amour, le pécheur s'est mis, en quelque sorte, à l'écart de ces miséricordieuses prévenances qui, parfois, remuent si profondément les au coupables; il est abandonné à lui-même et n'a ph. se contenir, le respect des choses saintes qu'il a foulées aux pieds. Sa première profanation est comme le premier meurtre dans la vie d'un assassin. Parce qu'elle demeure secrète et impunie, il s'enhardit à la renouveler et s'en-

durcit contre tout remords. Ses passions et ses vices se mettent d'autant plus à l'aise qu'ils sont couverts aux yeux des hommes par le voile de la religion. Le reste de foi qu'il conserve dans ses prévarications lui fait espérer qu'un jour peut-être, il ne sait pas quand, il lui sera possible de mettre fin à ses crimes ; mais, présentement paralysé par son imbécillité spirituelle, il a peur de les faire connaître à ceux qui pourraient les lui pardonner. Le démon s'empare de cette peur et l'accroît à mesure que les profanations se multiplient. A l'heure suprême, si la justice divine ne livre pas le sacrilège aux surprises de la morl. Satan fermera La bouche de ce misérable, jusqu'à ce qu'il tombe désespéré entre les bras du juge qui l'a déjà condamné autant de fois qu'il a reçu de lui le baiser de trahison.

Souvent le drame du sacrilège est moins long et plus promptement décisif. Du premier coup, l'âme méprise ce qu'elle a profané, et son mépris rayonne sur l'ensemble des vérités divines qui se rattachent à l'Eucharistie. Toutes les lumières de la foi s'éteignent subitement en elle, et, n'y voyant plus clair, elle s'endort lourdement dans la nuit de l'incrédulité. Que l'on cherche bien dans la vie d'une foule de mécréants qui se vantent d'avoir réformé, par la grâce de la raison et de la science, ce qu'ils appellent les préjugés d'une première éducation, je ne serais pas surpris qu'on rencontrât, à l'origine de cette réforme, une communion indigne. « Ideo inter vos multi infirmi et imbecilles et dormiunt multi. »

Je ne voudrais pourtant pas vous laisser croire que le sacrilège est un crime irrémissible. La miséricorde infinie de Dieu peut et veut tout pardonner au repentir. Si Judas, au lieu de prendre le chemin du champ où il se pendit, eût pris le chemin du Calvaire et se lut prosterné au pied

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Sans doute, VOUS lui devrez bien des la:-

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