DEUXIÈME ALLOCUTION DE MONSEIGNEUR BORDERIES
éVÊQUB DE VliUSAlLLES
Avant la première communion
Quels sont ces heureux enfants que La religion contemple avec une émotion si vive, que les ministres sacrés
entourent avec tant de sollicitude et de tendresse dans ce saint temple? Un le comprend sans peine à leur profond recueillement, à leur piété fervente, à la sérénité qui brille sur leur front, enfin à leurs regards qui, tantôt baisses vers la terre et tantôt fixés sur l'autel, trahissent tout ensemble et le vif désir qui soupire après le plus précieux de tous les biens, et l'humble défiance qui craint de le recevoir:'' Ce sont des enfants longtemps formés par la piété, éclairés des lumières de la foi, animés de ses inspirations, qui maintenant, petits et faibles encore, viennent chercher, sous sa conduite, cette nourriture divine qui soutient le courage et fait grandir pour la vertu. Devant eux tombent enfin ces barrières qui leur avaient interdit si longtemps les approches de la table des anges et le privilège de prendre part au festin du divin amour. Le \oila donc enfin arrivé, M. CE., ce moment dont la seule espérance vous fit tant de fois tressaillir d'une sainte allé. . vers lequel votre cœur s'élançait
Ipar de si vifs désirs ! La voilà cette place modeste que vous a marquée la Providence divine et que vous préférez mille fois aux distinctions les plus hautes du faste et de la grandeur ! La voilà cette table sacrée dont les convives n'exciteront plus votre pieuse jalousie ; mais surtout le voilà cet autel où vient de s'opérer pour vous le prodige
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Maître, votre Ami, votre D
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gratitude et de mon amour. C'esl v<
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sortis de votre bouche divin . ( de mourir : Ceci est mon coi
heure, tronipa-t-il jamais ses ami j
dil : Faites ceci en mémoire de moi; votre 1 i re-
cueilli celte heureuse parole et l'a transm de siècle en siècle comme son plus précieux t: . Niais surtout c'est vous qui, heure, révélez votre
sence à mon cœur; il sent qu'il est près de vous, que bientôt il en sera plus près encore ; il le sent à la terreiuç dont il est saisi, à la joie qui l'inonde, aux consolât et aux larmes dont pour la première fois il éprouve inexprimables douceurs.
Cependant, une crainte secrète vient troubler ces î. reux transports, et l'espoir de 1er bientôt votre
Dieu n'est pas lui-même sans amertume. Pourquoi faut-il que repassant de si courtes années, vous y trouviez de trop justes sujets de douleur, et que déjà vous marquiez par les larmes du repentir vos premiers pas dans la carrière delà vie? Enfants d'un père coupable, pourquoi faut-il qu'à vos penchants, à vos faiblesses, à vos chutes peut-être, vous ayez reconnu sitôt votre déplorable origine? Ah ! Seigneur, ce cruel souvenir me remplit de con-
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fusion, et d'épouvante : je ne fais que de naître et déjà je vous ai offensé ; je ne suis qu'un enfant, et déjà je suis un grand pécheur: Tant U lus puer, tantus peccator. Qu'on ne me dise plus que je suis dans l'âge de l'innocence, cette parole ne fait que réveiller nies remords et rendre plus vive ma douleur. Est-on innocent quand un fut sourd i \otre voix, quand on dédaigna vus inspiraliuns, quand on contrista vutre cœur? Est-on innocent quand, même un seul moment, on différa de VOUS aimer?
11 est vrai, M. G. E., rame la plus pure frissonne aux approches du Dieu trois fois saint, et les esprits célestes s'ont eux-mêmes dans le tremblement à son adurable présence. Mais cet effroi, s'il était seul, vous laisserait dans la murt en vuus éloignant pour jamais de l'auteur et de la source de la vie. Le Dieu de la lui nouvelle ne veut pas se contenter d'inspirer la terreur, il lui faut une sainte confiance; ou plutôt ce double sentiment doit vous accompagner à sa table sacrée. Craignez, car vous êtes faibles, mais rassurez-vous, car il est le Dieu forl ; craiz, car vous n'êtes que des enfants, mais rassurez-vous, car il aime l'enfance ; craignez, car vous êtes pécheurs, mais rassurez-vous, car il est plein de miséricorde ; craignez enfin en pensant à votre vie tout entière, mais rassurez-vous en pensant à ce moment heureux qui, dans le tribunal de la réconciliation, vuus a vus si soudainement échanger l'esclavage contre la liberté, à cette main étendue sur votre tête qui vous a remis sous l'empire de votre Dieu, à cette parole toute-puissante qui a fait descendre sur votre repentir tuut l'éclat et tuus les privilèges de l'innocence.
Approchez donc, il en est temps, approchez, c'est votre Maître qui le veut, il est ici, il vous appelle : Mayister ade&t et ment te. Mon Maître, ô titre le plus cher à mon
ALLOCUTIONS DE PREMIÈRE COMilUNIOM. 9
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m'appelez par voire amour. is appelle par le mien.
Mag idesi ei
11 vient, il approche. 0 incroyable co:. :ice
d'un Dieu ! ù prérogative inestimable de l'homme : e,
considère en silence cet incroyable honneur! A diens invisibles de ces enfants, conduisez-k où ils vont se nourrir de celui qu'il ne vous e^t do:. de contempler.
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Allocution après la communion
Ne devrais-je pas respecter, mes chers enfants, ce recueillement profond où vous tiennent plongés l'admiration et la reconnaissance, et quand votre Dieu vous parle lui-mèm irai-je par mes discours troubler ces commu-
nications ineffables et les douceurs de ce premier entretien ? Ah î plutôt élevez vous-mêmes ici la voix, et raconteznous Les ni pveilles de son pouvoir et de sa miséricorde; dites-nous commenl le maître de l'univers, celui dont un seul regard épouvante la terre-, celui dont les anges ne peuvent soutenir l'éclat, a consenti pour vous à se dépouiller de sa gloire, et voilant sa majesté sous un épais nuage, a su concilier les ménagements pour votre faiblesse avec les pins tendres condescendances pour votre amour. Vous le possédez donc, il est uni à votre âme, il ne fait plus qu'un avec vous, ce Jésus, le Fils éternel de Dieu, la parfaite image du Père, l'empreinte de sa substance, qui, devenu le Fils de Marie, a payé notre rançon par tant d'opprobres et de douleurs ! Vous le possédez, ô enfants, honorés par un si glorieux privilège! Quels sentiments mon cœur ('prouve à votre vue, et quels noms faut-il vous donner! Temples vivants de la divinité, quel respect me saisit quand je me sens si près de vous ! tabernacles de J.-C, je le révère, je l'adore dans ce sanctuaire qu'il a daigné se choisir. Disciples bien-aimés, votre divin Maiire a-t-il fait moins pour vous que pour ses amis les plus chers? Siméon le prit dans ses bras; il vous a permis une familiarité plus intime encore ; Zachée le reçut dans sa maison, Jésus vous a demande une plus chère demeure. Saint Jean reposa sur son cœur, et ! 'pose sur le vôtre.
Ah! Seigneur, à la vue de tant de miséricorde et
le pour qu'il ; ma lai