ALLOCUTION DE L'ABBE BONNARDEL
Pour la rénovation des vœux du baptême
Vota mea Domino reddam in conspectu omnis populi ej
Je renouvellerai les vœux que j'ai faits au Seigneur, en présenc-.
pie. i. cxv.)
Après avoir reçu votre Dieu à la table sainte E..
vous avez pris, sans doute, la résolution la plus sincère et
la plus ferme de lui rester fidèles jusqu'à la mort. Vous voulez lui faire les protestations 1rs plus solennelles d'observer les vœux que vous fites sur les fonts sacrés du baptême, par L'organe de votre parrain et de votre marraine. Vous allez les ratifier, ces promesses et ces serments, pour témoigner à J.-C, qui a daigné vous nourrir de sa chair adorable, que rien ne sera capable de vous séparer de lui, et que vous voulez lui consacrer votre cœur jusqu'au dernier de vos soupirs. Vous allez protester que la loi du Seigneur sera toujours la règle de votre conduite, que vous déclarerez une guerre éternelle au démon et à ses œuvres, au monde et à ses maximes. Quel heureux moment pour vous, M. E. ! Quels engagements sacrés vous allez contracter! le ciel et la terre se rendent attentifs à vos paroles et aux sentiments de vos cœurs.
Et vous tous, M. G. F., dans ce jour auguste où vous avez été témoins de la cérémonie touchante qui a attendri vos cœurs, vous voulez, sans doute, à l'exemple de ces enfants, réitérer vos serments de prendre le Seigneur pour votre partage, et de vous dévouer sans retour à son service. Heureux si vous êtes désormais fidèles à cet engagement! prions ensemble l'Esprit- Saint qu'il vous la donne, cette fidélité.
Pour exciter en vous les sentiments d'une juste reconnaissance, rappelez ici cet heureux jour, où de pieux parents vous conduisirent pour la première fois dans nos temples, et où, sur les foitf! s, vous eûtes le bonheur
de devenir chrétiens par le baptême.... Qu'étiez-vous avant d'avoir reçu ce divin sacrement? Hélas! enfants infortunés d'un père prévaricateur, son crime devint le vôtre, et le péché d'origine vous rendit, aux yeux du Seigneur, un objet d'anathème. Le ciel s'était fermé sur vos l'enfer était ouvert sous vos pieds. Objet d'horreur aux veux du
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et vous répondîtes : .l'y renonce. Vous \ \
renoncer aux maximes du siècle, à tout ce qu recherche et estime. U s Esprits écrivirent vos promi I vos senn Le Livi
L'encre qu'on emploi . au-
guste caractère du si nt en fut le l. Onli
dans les archives du ciel, ces promesses; voire mort, le souverain juge vous les prêtre la règle de l'arrêt qui décidera à jamais de votre sort.
En devenant chrétiens, vous avez donc renoncé au démon, c'est-à-dire aux pensées qu'il s re, aux désirs qu'il inspire, aux passions qu'il tomenle. Vous deviez donc le regarder comme votre ennemi le plus dangereux, et lui déclarer une guerre implacable. Ses œuvres étant autant d'iniquités, il fallait donc en préserver votre âme. L'orgueil et la vanilé étant des vices, il fallait donc vous en garantir. Vous deviez frémir à la seule ombre du vice ; les discours, les lectures, les tableaux, les parures qui portent au péché, devaient exciter en vous la plus vive horreur.
Vous aviez promis, vous aviez juré que le monde, ses pompes, ses spectacles, ses danses, ses bals, ses modes, ne seraient qu'un objet d'anal hème à vos yeux; que vous combattriez ses maximes comme des erreurs, et que ses scandales exciteraient toujours en vous une haine sainte. Vous vous étiez engagés a marcher sous Les étendards du J.-C. votre chef, et à faire de L'Evangile la règle de votre conduite. Voilà vos devoirs : tels furent vos serments en devenant chrétiens.
Avez-vous été fidèles à les remplir? Que vous dit votre jeunesse? que rappelle à votre souvenir un âge plus avancé? Loin de combattre le démon, ne i'avez-vous pas choisi pour maître? Le monde n'a-l-il pas perverti votre cœur par ses goûts, ses plaisirs, ses fête honneurs?
Qu'est devenue cette robe d'innocence, dont votre pasteur vous revêtit sur les fonts du baptême? Il vous dit, en vous la donnant, qu'il vous la redemanderait au grand jour du ment, et que si vous ne pouviez la montrer sans tache, celte robe précieuse, teinte du sang d'un Dieu, serai! changée en un vêlement de feu qui vous tourmenterait pendant toute l'éternité.
Je vous le demande, M. E., répondez, n'avez-vous jamais fait de péchés mortels? avez-vous toujours vécu innocents ? Si. après avoir promis avec serment de renoncer à Satan, de vous attacher a J.-C, et de le prendre pour chef et pour modèle, vous êtes devenus parjures, tremblez au souvenir de ce que vous allez entendre.
L'empereur Julien, après avoir embrassé notre sainte
ion, eut le malheur de devenir apostat. Transporté
de fureur contre Jésus-Christ et son Evangile, rougissant
d'èlrc chrétien, pour en effacer, autant qu'il était en lui,
iractère, il fit offrir un sacrifice en l'honneur des faux
dieux: e1. plongeant ses mains dans les entrailles ensan-
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Ah! combien, parmi ceux qui nrécuutent, doivent en ce înumenl Be rappi la duuleur la plu- . ce
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[tendant, loin de me livrer au désespoir, un sou- :r ranime ma contiai. . Nouveau prodigue, je viens en ce jour me jeter aux pieds du plus tendre des pères, pour solliciter mon pardon; je les arroserai de mes pi il se laissera attendrir.
J'ai été perfide, j'ai été parjure, il est vrai, en violant les
serments les plus sacrés ; mais désormais, je le jure a la
du ciel et de la terre, je serai fidèle jusqu'à la mort aux
promesses que je fais, en ce jour, sur les fonts sacrés.
M. C. E., et vous tous, M. C. F., vous voulez sans doute renouveler sincèrement 1rs promesses de votre baptême, que vous avez eu le malheur de violer; car s'il y avait ici des pécheurs obstinés à les transgresser encore, qu'ils sortent, qu'ils sortent de ce temple ; nous ne voulons ici ni parjures ni apostats.... Que dis-je? non, non sans doute, il n'en est aucun parmi vous qui ne soit disposé, dans toute la sincérité de son âme, à renouveler des vœux qui sont autant de liens sacrés qui vont l'unir à son Dieu d'une manière irrévocable.
Disons-le donc ici d'une voix unanime, et disons-le avec un cœur sincère :
Esprits célestes, qui fûtes les dépositaires de mes premiers vœux, que j'ai si souvent violés, en recueillant les témoignages démon sincère repentir, daignez écrire, dans le livre de vie, mes nouvelles promesses. Ana thème, et mille fois anallième au démon, dont j'ai été si longtemps le captif! Sors, esprit immonde, sors de mon cœur, si tu en avais l'empire encore. Anathènie, et mille fois anatheme au inonde imposteur qui m'a séduil ! Oui, c'est dans toute la sincérité de mon cœur que je renonce pour toujours à ses joies insensées, à la licence de ses danses, de ses modes et de ses parures.
Je veux désormais n'appartenir qu'à vous, ô mon Dieu! Après vous avoir été si Longtemps infidèle, vous ne devriez pas me souffrir à vos pieds, mais me précipiter dans l'enfer pour me punir à jamais. Cependant, j'ose l'espérer de boules, vous vous Laisserez fléchir par les larmes d'un repentir sincère; vous daignerez agréer les hommaj quoique tardifs, d'un cœur contrit qui déplore ses infidélités. Je m'engage à être votri pie, ô divin Jésus! à vous écouler comme mon maitre, a vous imiter comme mon modèle, à suivre fous vos commandements, et je
tenti, •■
nenl un jour libilité, ai
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Ah : Seigneur, préservi crime; rer lux pro:.
Q'au moment de Leur mort, Qa pn cence que voua venez de l< -, et qu'il
tain libérale la récompense éternelle q . promettez à leur fidélil
Après la rénovation des promesses
M. C. E., les promesses que vous venez
et toutes les grâces dont il vient de vous combl< ritent sans doute que vous lui restiez ride. ju'a la
mort. Si vous aviez le malheur de tomber dans une faute mortelle, après avoir reçu dans votre âme Le Dieu d teté, vous vous rendriez coupables du mépris le plus injurieux, de l'ingratitude la plus noire, de la perfidie la plus détestable. Ainsi, lorsque désormais le démon, jaloux de vous ravir le précieux trésor que vous possédez, voudra vous séduire et vous provoquer à redevenir infidlui avec une sainte indignation : Quoi ! j'offenserais encore le père le plus tendre, le bienfaiteur le plus généreux ! Ah! si je me rendais coupable d'une telle indignité, je dirais, par la dépravation de mon cœur : Le S :.eur m'avait comblé de ses faveurs : qu'il reprenne ses dons,
POrit LA RÉNOVATION DES VOEUX DU BAPTÊME. ->-><)
je les rejetle ; il était jaloux de régner dans mon âme : je préfère que Satan y exerce son empire. Le Dieu des miséricordes'me préparait une brillante couronne dans Le ciel : je renonce à ce bonheur, pourvu que mes sens soient satisfaits.
Ce langage vous fait frémir, sans doute, M. E. : telle serait cependant la noirceur de vos sentiments si vous bannissiez de vos cœurs, par un péché mortel, celui qui en fait maintenant la félicité et l'inonde des délices les plu:-» ineffables.
La persévérance est un don de Dieu, qu'il ne doit à personne; mais il a promis de l'accorder à celui qui la demandera avec humilité et avec instance. Un des moyens les plus efficaces pour l'obtenir, c'est de se préserver de la présomption, et de mettre en Dieu seul sa confiance. Redoutez votre faiblesse, M. G. E.; loin de vous exposer aux dangers, éloignez-vous-en avec soin : veillez sur votre esprit pour le captiver ; sur votre cœur, sur vos sens. Fuyez tous les objets qui pourraient vous séduire, les mauvaises compagnies, les plaisirs du monde ; souvenezvous que c'est déjà être vaincu que de croire qu'on n'a rien à craindre. Traitez votre corps comme le plus dangereux de vos ennemis ; loin de lui accorder toutes les satisfactions qu'il demande, réduisez-le en servitude par des mortifications convenables à votre âge.
Je vous l'ai déjà dit, M. G. E., un des moyens les plus propres pour maintenir en vous les sentiments de piété que vous avez eu le bonheur de puiser à la sainte table, c'est de vous approcher fréquemment du Dieu de sainteté qui les a mis dans votre àme. L'ennemi de votre salut redoublera de jour en jour ses artifices pour vous inspire! du dégoût pour le pain des forts, afin de vous affaiblir et de vous vaincre. Quand vous sentirez ce dégoût, rappelez-
de l'autel,
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que Dieu leur a faites en a i jour, et les prouu qu'ils ont faites sur les font- E ui plus
que jamais ;nen> rien pour les conserver dans l'in-
nocence que Dieu leur a rendue : il vous en deman . un compte rigoureux.
Mon Dieu, vous me les aviez cou: aes efforts
pour les rendre dignes de vous plair* . . :. par v
grâce, ce que vous avez commencé par mon ministère; qu'ils persévèrent dans votre amour jusqu'à leur de: soupir, afin qu'après avoir fait ma consolation sur la terre, ils soient ma couronne dans le ciel.