RECTELK DES FACULTÉS CATHOLIQUES DE LILLE
Sur la rénovation des vœux
Dans cette journée, mon enfant, il se fait un double échange entre votre âme et Dieu : Jésus-Christ se donne à vous, vous vous donnez à lui. C'est dans la communion que le bon Dieu se donne : Deus meus es tu ! C'est dans la rénovation des promesses du baptême que vous faites serment de lui appartenir. Tuus sum ego!
(1) Le Livre de la première Communion et de la Persévérance [ Paris, Poussielgue, éditeur). — M*1" Baunard, alors supérieur du collège Saint- Joseph de Lille, ayant perdu son père le 7 juin 1887, fit part de sa douleur aux soixante-huit enfants du collège qui devaient faire le lendemain leur première communion. Voici un fragment de sa lettre admirable et d'une inspiration unique peut-être dans la littérature chrétienne, en ce qu'elle met dans les yeux à la fois des larmes et des sourires:
« Sur le seuil de votre retraite, je vous rappelais cette célèbre parole de Christophe Colomb à son équipage : « Trois jours, et je vous donne un monde; » et l'appliquant à vous, je vous disais ensuite avec une plus haute espérance que lui : « Trois jours, et je vous donne un Dieu ! » Ce Dieu que je vous promettais, vous le recevrez demain.... Ce sera le grand jour, le jour inoubliable, le jeudi de la Fête-Dieu, deux fois Fétu-Dieu pour vous, qui êtes in vit <■> ;i la (été et à la table de Dieu.... J'y suis par la pensée. Il me semble vous voir arriver processioniii licment au moment de la messe, vos cierges fleuris à la main, et de nos vastes corridors tout inondés de lumière vous avancer vers la chapelle où se presse la foule de vos parents et de vos amis. Il me semble vous entendre chanter de vos voix moins fraîches encore et moins pures que vos âmes, ce psaume du Laudate, pueri, Dominum, qui, sur votre passage, retentira dans bien des cœurs. — Que j'aurais été heureux, à cette heure divine, d'aller au-devant de vous, avec vos prêtres et vos maîtres, comme les prêtres et les lévites allaient jadis au-devant du jeune prince Joas, pour la fête de son sacre et de son couronnement] Que de grand cœur je me bw tcié h ^attendrie-
Il y ;i <!< .mi
parrain el m « Renonçai m. m i i servir i. C. : - *
ment, ils le flrenl vous même pussiez !• espril et La Liberté
e>[ venue. Voici que Les fonts du ba] de nouveau afin de voui bus pour recevoir vos Bermenta . I i dit dans L'Ecriture, se tienl el :
sèment de vos familles quand ,ut illur
et transfigurés par les exercice!
retrouvèrent l'enfant Jésus après trois
milieu des Docteurs !.... Quels S] • des
yeux chrétiens ! L'ineffable mystère s' Communion, et « le corps de Tenant
la vie éternelle. » Et vous, entrant d<
un pacte immortel avec la vertu Qts qui prient
comme on prie pour son enfant, et a qui Dieu i son Evangile : « Si vous ne d semblables à ces petit?, en l
ce qu'ils font, vous n'entrerez p le royaum.
eux, venant, en elTet, se presser alors aux - de la vie. mai-
fois ne s'y présentant qu'après vous, pour honorer \. jeunes rois de cette journée : Talium est enim regnum eœloru puis vos condisciples se succédant au même banquet, où ils forment votre suite, comme les frères de Joseph dont les gerbes devaient s'incliner devant la gerbe glorieuse de leur plus jeune fi quoi encore ? au-dessus de vos têtes, l'assemblée invisible, mais : ceux qui ne sont plus, vos ancêtres, vos aïeux, votre père ou votre mère peut-être, vos maîtres disparus.... Je vois tout cela d'ici. M. C. K. : vos agapes du matin, vos serments du soir, les anges qui les entendent. Marie qui les reçoit: et jusqu'à ces cachets de première communion que je me réserve de signer et de vous distribuer à mon retour, heureux d'être le notaire de l'acte solennel, du contrat de la nouvelle alliance qui constate vos droits à l'héritage du royaume des deux. » (Le Collège Saint-Joseph, de Lille.)
DE MONSEIGNEOB BAUNARD. 28Î5
vous l'accueillir? allez-vous le repousser? Ici il y a le ciel, là il y a l'enfer; ici Dieu, la Satan ; là l'Eglise, là le monde; ici 1»' bien, là le mal ; L'éternité d'un côté, L'éternité de l'autre, et entre les deux votre âme, qui va se prononcer dans le silence de L'assemblée sainte, au milieu de l'attention du ciel et de la terre. Jamais pareille solennité s'est-elle vue pour vous :;
11 y en eut une pareille dans l'Ancien Testament, lorsque le jeune Joas, instruil comme vous dans le temple, menacé par Athalie, couronné par Joad, îilsermentauDieu de Jacob de lui demeurer fidèle. < Qu'est-ce donc qu'on prépare? » demande-t-il au grand prêtre. — « Il est juste, dit celui-ci,
11 est juste, mon fils, que je vous le déclare; Il faut que vous soyez, instruit, même avant tous, Des grands desseins de Dieu sur son peuple el sur vous. Armez-vous «l'un courage «•( <l*une foi nouvelle; Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivés, Et de payer à Dieu ce que vous lui devez. Sentez-vous cette noble et généreuse envie?
Alors Joas répond :
Je me sens prêt, s'il veut, de lui donner ma vie.
Voilà, mon enfant, le serment que Dieu attend de vous, Mais, avant de le prononcer, savez-vous ce qu'il vous coûtera, ce qu'il vous vaudra, ce qu'il vous méritera?
11 vous coûtera sans doute le sacrifice du monde, le renoncement au monde ; mais veuillez le comprendre. Par ce mot, je n'entends pas ce cher monde du foyer où vous fûtes nourri, ni celui de l'école où vous tûtes élevé, le monde de la parenté, le monde de l'amitié. Puissiez-vous, au contraire, n'en être séparé jamais! Mais, à côté de ce monde, il y en a un autre qu'un païen appelait déjà « la partie corrompue et corruptrice du siècle. » 11 y en a un
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doutable pour vous !U est là, il vous aile comme une proie, à la porte de 1 le la
Table sainie. C'est Alhalie qui demande au j
Dieu veut-il qu'a toute heure on prie, on le <Ie ?
— Tout proTan -on temple.
— Quels sont donc vos plaisirs ? — Quelquefois à l'autel Je présente au grand prêtre et l'encens et le sel, J'entends cha iter de Dieu les grand. ur- infinies,
Je vois l'ordre pompeux de ses cérémoi
— Eh quoi ! vous n'avez pas de :nps plus doux? Je plains le triste sort d'un enfant tel que vous. Venez dans mon palais, vous y verrez ma .
— Moi ! des bienfaits de Dieu j- perdrais la mémoire !
— Non, je ne vous veux point contraindre à l'oublier.
— Vous ne le priez point. — Vous pourrez le pi
— Je verrais cependant en invoquer un autre.
— J'ai mon Dieu que je sers; vous servirez le vôtre.
Ce sont deux puissants dieux. — 11 faut craindre le mien. Lui seuL est Dieu, Madame, et le vôtre n'est rien.
Celte dernière réponse sera votre réponse, mon enfant. Car, derrière ces promesses du monde, si vous saviez ce qu'il y a de mensonges ; derrière ces phi e quil y a
de tristesses, parfois de désespoirs! En vain vous dit-il encore :
Le- plaisirs près de moi vous chercheront en foule.
DE MOfiSBXGNEUB I:\1N\RD. ^87
Vous pouvez lui répondre sans crainte de vous tromper :
Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule.
Gomme Àlbalie, ce monde, lui aussi, est un meurtrier. N'a-t-il pas été déjà celai de J.-C.? Or, je vous le demande, voudriez-vous vous vendre au bourreau de votre père?
On raconte, mon enfant, qu'autrefois un empereur romain pressait un jeune chrétien de veniràsacouret de servir ses dieux. Sa mère, inquiète, alarmée, craignant de le voir apostasier, ne lui dit rien ; mais le prenant parla main, elle le mena dans un sanctuaire secret de sa maison, où elle s'agenouilla et lui demanda de s'agenouiller auprès d'elle. Alors, tirant d'une riche cassette une fiole précieuse qu'elle arrose de ses larmes : « Regarde-, lui dit-elle, c'est le sang d'un martyr, et ce martyr, ce fut ton père ! Je l'ai recueilli, ce sang, quand il coulait à flots de sa sainte blessure, et le persécuteur qui le faisait couler, c'est l'homme qui aujourd'hui te demande de le servir. Iras-tu baiser la main du meurtrier de ton père? »
Votre réponse est prête : « Jamais au monde ! » telle sera votre première parole. « Toujours à J.-C! » telle sera la seconde.
Vous vous donnerez à Jésus de la même manière qu'il s'est donné à vous. L'amour de Jésus fut un amour absolu : il vous a tout donné, vous ne lui refuserez rien. L'amour de J.-C. fut un amour public : le vôtre ne craindra ni les railleries du monde ni l'entraînement de l'exemple. Le respect humain est une lâcheté indigne d'un grand cœur. Servir Jésus, c'est régner. Rougit-on d'appartenir au plus tendre des amis et au meilleur des princes? L'amour de J.-C. fut un amour généreux : vous ne reculerez pour lui devant aucun scraifice. Enfin, L'a-
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vous, car Yui; petits enfants, je m'en va!
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jourd'hui, autour du trône de 1 d'eux leurs pères, Leurs mères, semblabli de l'Apocalypse qui tiennent dans leurs mains les ei. soirs d'or. Dès lors, qu'import*
bats? qu'importe ici-bas un peu plus, un peu moins de jouissance, de rie P Que fait au p isagerq
navire que sa cabine d'un jour soil plus ou moii. mode ? Demain il sera au port, demain il sera chez lui. Demain vous serez au ciel; et 1 . c'est un jour de
première communion qui ne finira jamais.