‹ Choix de discours & allocutions des plus célèbres orateurs pour la retraite et le jour de la première communionChapitre 73 sur 100 · ALLOCUTION D'APRÈS MONSEIGNEUR DUPANLOUP · texte numérisé non relu

ALLOCUTION D'APRÈS MONSEIGNEUR DUPANLOUP

M. E., à la vue de cette pompe touchante qui nous environna encore, au souvenir de cette pure et douce allégresse qui, ce malin, semblait s'être répandue de tous les cœurs dans celte heureuse enceinte, à la pensée de ce beau .jour trop rapidement écoulé qui s'achève, je sens se Réveiller dans mon cœur un des souvenirs les plus cliers et les plus attendrissants de mon enfance. J'avais votre âge, et c'était aussi le soir d'un beau jour. Nombreux comme vous, comme vous heureux et comblés des bienfaits du Seigneur, nous environnions comme vous, en ce moment, les autels de Marie, et après avoir juré le malin de servir et d'aimer le fils, nous venions, pour couronner cette sainte et délicieuse journée, promettre de servir aussi et d'aimer la mère. Nous n'avions tous qu'un regard pour contempler son image chérie, tous qu'une voix et qu'un cœur pour lui redire des hymnes de reconnaissance et d'amour, lorsque tout à coup une voix qui ne nous était

(1) La Chapelle Saint- Hyacinthe , souvenirs des retraites de Mir Dupanloup, évêque d'Orléans. — Chapelliez, édit., Paris.

il;

irdé un profond Qe L'oublier jama

Aulrefoi . dans une lie d aimée de ] I toujours pui

paraienl à quitter un porl tranquill vaste étendu* à La d<

plus fortunées, milli

et brillante jeum '. • Lait un magnifiqu

el une fête depuis Longtemps Innombrable el deboul sur Le rivage. I i étaienl ornées de feslons el de guirlandes, tous

Lus «li1 blanc el couronn

Et déjà L( niions embell plus ri alem

se déroulaient au venl : les \ Tonde azurée. TOul à coup milli

tendre : on part. LV '

dans les regards des jeunes naul I

peint d'unbel azur, semblait leur promeUn navigation; seulement, tandis que le \ voiles li*s éloignait du port, les mi :ain-

tives et quelques vieux pi] u leur ul du ri-

. si vous venir la tempête, n'oubliez

pas rétoile de la mer : invoquez l'étoile! » On dit m que le nom de Marie se trouva mêlé i idieux nui

nels, que les échos d*alentour le redirent longtemps; et déjà tous les ri s de l'île avaient fui loin d'eux, qu l'entendaient retentir encore dans le doux souffle des vents favorables. On raconte entin que jetés au milieu des écueils les plus terribles, et assaillis par les plus furieuses

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lempêtes, ils n'invoquèrent pas en vain ce nom sacré, virent briller à leurs veux la divine étoile de la hum-, fuir à sa présence fous les vents courroucés, et délivrés enfin de ions Les périls au nom de Marie, ils abordèrent en paix aux régions fortunées.

0 vous qui allez vous engager aussi sur une mer orageuse, vous que bientôt uns yeux chercheront en vain dans relie paisible enceinte, pardonnez mes trop justes alarmes, el puisque vos âmes m'onl coûté des soins, des larmes el des prières, souffrez que, semblable à cette mère gui conduil jusqu'au rivage son fils unique et bien-ai je nous prodigue comme elle, au moment du dépari, les provisions et les conseils [tour une traversée si longue et si périlleuse.

Enfants, chéris, depuis longtemps nos cœurs s'entendent et je sens en ce moment que vous avez compris le mien; cette histoire n'est-elle pas la vôtre? N'allez-vous pas, vous aussi, vous éloigner de ce port tranquille où tous vos jours coulaient purs et sereins, où votre innocence reposait en paixà l'ombre du s. i :: ur, pour rentrer au milieu du monde? Ah! tout y sourit à votre retour; vous n'y ^percevrez de loin que des routes semées de fleurs : mais, hélas! il faut bien vous ! > dire, c'est une mer terrible qui m» cache partout qu'écueils et naufrages, et avant d'aborder aux rivages éternels el au céleste port, vous ;iussi, mie tant d'autres, ne périrez-vous pas/

Ah! si ce malin, lorsque vous descendiez les marches

du temple eu. après avoir Laissé vos mè cueillir1 sur

dans l»1 plus doux des embrassements, le souffle

nouvea le vertu céleste qui s'en échappait, si

ieur alors eût envoyé sou ange pour vous enlever doucement à la terre et vous transporter brillants d'innocence aux cieux. nous aurions pleuré de ne plus vous ro-

vous déli s

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vou me auli ; s

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lem] 'oubliez p; le la mi rllnvoq

courroucé :ii jamais dans \ nacenl de L'engloutir, alors même, M. Y... riez s'affaiblir en vous 1 I

pressera de loutes parts, au m tesse, gardez i invoquez

Marie commandera aux flol i

vous pousser au port, et, a] t

la douce paix el 1

Si, plus mail permis au péché de troubler votre ; si épais s'étaient amoi entre Le i iel et

plongés dans une nuit affreusi près toutes les horreurs de la mort éternelle . : z

île, invoquez Marie! Respice stellan :

ces ténèbr< - c mme L'étoile du matin dissipe les s

de la nuit, et vous ne larderez pas à voir reluire à vos veuJ les pures clartés d'un beau jour.

Si le démon lui-même, jaloux de votre innocence c votre bonheur, soulevait contre vous la plus noire des* tempêtes, et, vous poussant avec violence au milieu de» plus terribles écueils, menaçait de briser voire frêle esquif et de vous ensevelir avec ses débris au mers: alors encore regardez L'étoile, inv

d'après monseigneur dupanloup. ~U3

pice stellam ! Marie vous sauvera du naufrage; vous passerez sans périls au travers des écueils, et Le démon, encore une fois vaincu, ira cacher au fond des enfers son désespoir el sa honte!

Si le monde, au contraire, souriant à votre enfance, semblait vous offrir, au sein (U>> ris, des jeux ei des plaisirs, un»1 paix apparente et un calme perfide, craignez ces trompeuses douceurs plus que les écueils qui brisent les navires; si jamais au milieu de ses joies molles el folâtres, vos yeux commençaient à s'obscurcir, et qu'une douce et funeste Langueur s'emparant de vous, vous sentiez tout à coup voire cœur tomber en défaillance, alors surtoul regardez l'étoile! invoquez Marie: Respice stellam l Marie volera à voire secours ; vous sentirez soudain le Éourage el L'amour de la vertu renaître au dedans dev< m. et, délivrés de L'affreux péril, vous n'oublierez jamais i ue le naufrage et la mort même sont moins redoutai les a Fenfant clin-lien que Les plaisirs qui amollissent le cœur et flétrissent l'innocence!

Enfui, car je neveux point meltredebornesà vos espérances, fussiez-vous devenus les plus criminels et les plus infbrtunésdes pécheurs, eussiez- vous trahi tous vos serments, ;ul li tous Les bienfaits de votre Dieu, n'oubliez pas Marie! Fussiez-vous accablés sous le poids de vos péchés, :iux portes mêmes de La mort, enveloppés dans la nuit profonde du d »ir, n'apercevant, à la lueur pâle des

éclairs qui s'en échappent, que Les abîmes éternels ouverts sous vos pas et n'entendant gronder sur votre coupable tète que Les tonnerres menaçants de la céleste justice, je v'ous dirais : Espérez encore, espérez toujours! N'oubliez 3as L'étoile, invoquez Marie! Jetez-vous entre ses bras maternels; allez cacher dans son sein votre confusion, votre repentir el vos larmes! Vous retrouverez la couver-

. el l.i

du plus beau I mer le père el L'ami de nol ô M. i. qu'à mon lour j

nom si tendre, nous touchantes paroi . qui nous éU dont le cœur n'avail pas la vue ni'

bonheur et noire innocence, nom baigner de pleurs : nous m

inte el d'amour autour «1»' l'aul fiants autoui de leur mè avec une douct? joie Les Louchant* qui nous étaient off< les au nom nos yeux se lournèrenl - s .. .;..• s :l no

sembla que les cieux s'entr'ouvraient à . Ma

rie nous apparut sur un Lrôn

L'amour maternel était Burseslèvi . . petit

enfant entre ses bras qui semblait nous ini nr à

lui el a sa mère !

A celte vue, des larmes douces mêlées d'attendri nient et de joie coulèrent de nos yeux. Nous nous . à ses pieds, lui offrîmes tous nos cœurs, et l'api notre mère, nous lui promimes, comme vous allez le lui | promet Ire vous-mêmes, puisqu'elle ne mettait jamais de| bornes à ses bontés, de n'en mettre jamais a notre con-j fiance, à notre vénération et à notre amour! Faites comma nous. M. E., et Marie vous bénira tous aujourd'hui, comme elle daigna nous bénir alors.

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