‹ Choix de fables et historiettesChapitre 16 sur 58 · LE RENARD PUNI DE SA GOURMANDISE · texte numérisé non relu

LE RENARD PUNI DE SA GOURMANDISE

« 11 faut aussi que je mange le cœur d'un onagre , afin de me régaler comme celui-là. » Cette idée ne cessa de le préoccuper pendant plusieurs jours, à tel point que la fatigue et la faiblesse le forcèrent de renoncer à ses courses et de rester couché dans son terrier.

Sur ces entrefaites, des chasseurs, qui étaient partis dans le but de poursuivre la première bête fauve qu'ils rencontreraient, trouvèrent un onagre après avoir passé le jour entier sans rien prendre, et ils se dirent les uns aux autres : « Si nous percions d'une flèche cet onagre, peut-être nous servirait-il à faire quelque capture ? » Aussitôt un des chasseurs décocha une flèche acérée, qui, perforant le ventre de l'onagre, atteignit le milieu du cœur et tua l'animal.

Or cela se passait près du terrier du susdit renard. Les chasseurs, s'approchant de l'onagre, reconnurent qu'il était mort, et, sans toucher à la flèche dont le bois seul sortait de la blessure, ils le laissèrent en cet état, pensant bien que quelque bête fauve arriverait sur lui et deviendrait pour eux une proie facile ; mais jusqu'au soir rien ne parut, et ils s'en retournèrent chez eux.

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