‹ Choix de fables et historiettesChapitre 17 sur 58 · LE RENAUD PUNI DE SA 0OUBMANDI8I M · texte numérisé non relu

LE RENAUD PUNI DE SA 0OUBMANDI8I M

Le renard, qui avait entendu parler d'une pareille chasse aux alentours de sou terrier, sortit vers le soir, bien qu'il ne pû1 se remuer qu'avec peine, et, trouvant l'onagre presque à l'entrée du terrier, il fut ravi de joie et s'écria dans son transport : « Louange à Dieu qui m'a envoyé de quoi satisfaire mon appétit sans fatigue el sans effort ! Certes, je n'espérais pas rencontrer cet onagre, et c'est Dieu qui l'a nourri à mon intention tout près de mon terrier. > S' acharnant alors sur l'animal, il lui déchira le ventre et y inséra sa tète en fouillant ça et là, jusqu'à ce qu'il eut atteint le cœur qu'il saisit, d'un œil a\ ide, avec sa gueule. Mais le fer de la flèche lui demeura dans le gosier sans pouvoir (Mi sortir; et le renard, auteur de sa perte et de son malheur, dit en expirant : « En vérité, la créature ne doit jamais porter ses désirs au delà de ce que Dieu lui a départi; car, si je m'étais contenté de mon lot, je n'aurais point couru à ma perte, et c'est à hou droit que je meurs. »

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