LA CURIOSITÉ PUNIE
Ylil
E,a Curiosité punie
Un homme, possesseur d'un panier rempli de serpents, remportait- habituellement chaque matin, et s'en allait à la ville faire des tours pendant toute la journée pour gagner sa vie (1 ); le soir, en rentrant chez lui, il cachait le panier en lieu sûr, à l'abri des regards des gens de sa maison et de ses enfants.
La femme de ce bateleur, l'apercevant un soir à son retour , l'interrogea au sujet du panier et de ce qu'il renfermait; car jamais elle ne l'avait vu dans ses mains.
« Quel besoin as-tu de savoir ce q.u'il y a làdedans? lui dit le mari; tu as largement de quoi vivre; contente-toi donc de la part que Dieu t'a faite, et ne demande rien de plus. »
La femme garda le silence ; mais intérieurement elle se dit : « 11 faut absolument que je
(l)En Egypte, on rencontre fréquemment, sur les places publiques, des dompteurs de serpents et des jongleurs dont les tours excitent l'admiration de la foule en leur procurant beaucoup de profits.
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voie l'état de ce panier et que je sache ce qu'il Contient. » Puis, ayant recours aux expédients, elle chargea ses enfanta d'interroger leur père à ce sujet et de redoubler leurs instances.
Les enfants s'imaginèrent fortement que le panier renfermait quelque chose de bon à manger, et chaque soir ils demandaient à leur père de leur en montrer le contenu; niais celui-ci détournait la conversation, les caressait et les contentait au moyen de toute autre chose.
Beaucoup de jours s'écoulèrent ainsi pour eux; toutefois la mère les excitait sans cesse à s'informer de ce qu'il y avait dans le panier. Enfin ils convinrent avec elle de ne goûter d'aucune nourriture ni d'aucune boisson offerte par leur père, avant qu'il n'eût satisfait à leur demande et qu'il ne leur eût ouvert le panier.
Or, un soir, le père, qui avait apporté beaucoup de nourriture et de boisson, s'assit et les invita à manger; mais ils refusèrent de s'approcher de lui et lui témoignèrent de l'aversion et de la colère. Il se mit alors à les caresser doucement en leur disant : « Que voulez-vous donc encore ? je vous apporte à manger, à boire, et même des friandises.' »