LA CURIOSITÉ PUNIE
« — « Père, répondirent-ils, nous ne te demandons qu'une chose : c'est de nous ouvrir ce panier, afin que nous voyions ce qu'il y a dedans; autrement, nous nous tuerons. »
— « Mes enfants , reprit le père , il ne ren ferme rien de bon pour vous , mais beaucoup de mal. »
Cette réponse ne fit qu'augmenter leur colère.
Quand il les vit dans cet état, il voulut leur faire peur, et les menaça de les frapper, afin qu'ils ne fussent plus tentés de recommencer. Bientôt il se fâcha et saisit un bâton pour les corriger; mais ils s'enfuirent de sa présence.
Or le panier était encore à l'endroit où le bateleur l'avait caché. La femme de celui-ci, voyant son mari occupé avec ses enfants, s'approcha du panier et l'ouvrit au plus vite pour voir ce qu'il contenait. Tout à coup les serpents s'en échappèrent, et tuèrent d'abord la femme; puis, se répandant par toute la maison, ils firent périr tous ceux qui avaient désobéi au bateleur, grands et petits. Quant à lui, il abandonna sa maison désolée et s'en alla où il plut au Dieu très-haut.
LE l'AKllt ET LE POT DE BEURRE 18
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l n fakir (2), dont, la demeure était voisine de celle d'un notable habitant de certaine ville, recevait chaque jour de ce personnage trois pains et nnpeude beurre el de miel. Le beurre étant fort cher dans le pays, le fakir se mit à amasser dans une jarre tout ce qu'il recevait de beurre jusqu'à ce qu'il l'eût remplie, et il la suspendit au-dessus de sa tète par peur et par précaution.
Or, un jour qu'il était assis sur son lit, un bâton à la main, il lui vint une pensée relativement à la cherté du beurre, et il se dit en lui-même : « Il faut que je vende ce beurre que
(1) Ce conte offre beaucoup d'analogie avec celui que La Fontaine a donné sous le titre de la Laitière et le Pot au lait.
(2) Le mot fourni par le texte arabe est nâsih, qui veut dire dévot, al taché au aerrire de Dieu ; mais j'ai préféré le remplacer ici par fakir, attendu que, chez les musulmans, fakir désigne un religieux qui rit dans la pauvreté et qui a recours aux aumônes des gens riches pour subvenir à ses besoins journaliers.