LE BERGER ET LE VOLEUR
— « Sur cette colline , en face de toi, » répondit l'autre.
Le berger leva les yeux et , voyant le fantôme, s'imagina que c'était un lion. Saisi d'un grand effroi, il dit au voleur : * Prends ce qui te plaira de mon troupeau ; il est à ta disposition. »
Le voleur enleva ce qui lui convenait, se proposant bien d'exploiter de nouveau le berger, en mettant à profit la cause de sa frayeur. « J'ai donc trouvé le moyen! » se dit-il en lui-même. Et, à tout moment, il allait placer son épouvantai! sur la colline et se rendait auprès du berger, en lui disant : « Ce lion te demande à souper. »
C'est ainsi qu'il obtint du berger tout ce qu'il voulut, et ne mit fin à sa ruse qu'après avoir anéanti le troupeau.