I40 JEAN ANISSON
Monseigr. l'Archevesque de Paris/) qui auoit permis par mes mains l'entrée du Livre de Mr. Simond,6) cydevant de l'Oratoire, et imprimé en Hollande, et dont on auoit icy refusé le Privilège.
Ce fut donc auec vn grand Étonnement de ma part, que Mgr. le Chancellier me dit, quelques jour aprez, qu'il étoit surpris que je l'eusse fait solliciter pour l'entrée d'vn aussy mauvais Livre que celuy là; que l'auteur y parloit mal du Roy; qu'il y déchiroit mille particuliers honnêtes gens; qu'il y auoit ramassé toutes les saletez et les ordures imaginables; que le Prince de Galles y étoit maltraité/) et qu'enfin le Livre étoit si mauvais qu'il alloit faire mettre aux Cartons celuy que Mr. Leérs luy auoit envoyé, et qu'il h inviteroit les autres personnes, à qui Mr. Leérs en envoyoit, d'en faire autant. Je ne pus répondre que sur l'article du Roy, et je dis que l'auteur étoit trop sage pour parler mal d'vn aussy grand Roy, de qui il étoit né Sujet, et qu'il falloit distinguer les matières de Controverse d'auec les prétendues injures alléguées par Mr. R. . . . Encore vn coup, je ne suis point revenu de ce coup là.
Je pense que Mr. Janisson vous a mandé que
Mr. R étoit fâché que vous eussiez appelle
Mr. Arnaud et Mr. Nicole Jansénistes, et que vous ne voudriez pas qu'on vous appellast relapse. Y a-t il quelque endroit de votre Livre qui regarde ce Mr. R. . . . ou Mr. son Père? je vous prie de me le dire, et comptez que je ne vous feray point d'affaires.
Il résultera néanmoins plus d'vn bien de tout cela à Mr. Leérs: i° on aura plus d'envie de voir le livre, à cause de la deffense que Mgr. le Chancelier m'a dit qu'il alloit faire de le distribuer; 2° les Imprimeurs de
Lyon seront retenus de le contrefaire, et j'y ayderai de mon mieux pour l'empescher et pour faire plaisir à Mr. Leérs, quoyque je sois peu content de luy; mais, Mr., les Hollandois ne sont pas fait [sic] autrement, et nous sommes trop délicats en amitié pour luy.
J'ay envoyé à Mr. Fiévet de Lisle vn Raynaudi apopompœ8) in fol. en feuilles; comme Mr. Fiévet est accablé d'affaires, ayez soin de le solliciter pour vous faire tenir ce livre.
Je vous remercie de vos soins obligeans pour me procurer les livres de Monsr. Depontchartrain;?) je n'ay plus besoin que des cent nouvelles nouvelles, de l'heptaméron de la Reyne de Navarre in 40 et du Marot de lettre ronde, et les vns et les autres avec vn peu de marge, et le Plutarque d'Amyot de Vascosan in 8°. 10)
Il ne me reste plus de papier que pour vous asseurer qu'on ne sçauroit vous honorer et vous estimer plus que je fais, et que personne au monde n'est plus que moy, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur