‹ Choix de la correspondance inédite de Pierre Baye, 1670-1706Chapitre 26 sur 77 · HENRI BASNAGE DE BEAUVAL I 5 I · texte numérisé non relu

HENRI BASNAGE DE BEAUVAL I 5 I

Hollande, il me dit: le m'adresserai à d'autres qu'à M. Leers, qui a trop d'affaires. Je lui ay déià donné des advis sur cet article; donnez lui les vôtres si vous le iugez à propos.

Je ne sçay si m. J[urieu] répandra son procez contre vous pour se venger des coups que vous lui portez en tant d'endroits. Je n'ay pourtant pas remarqué, qu'il puisse avoir prise directement. Car vous avez pris soin d'adoucir les endroits sur lesquels on eût pu vous attaquer. Par ex. l'article de David 4). Comme on le propose pour un modèle de piété, il n'est pas fort édifiant de le voir représenté en scélérat, qui a plus commis de crimes que beaucoup de Princes qui passent pour des Tyrans. Il est vray que ce n'est pas votre faute. L'histoire sainte a rapporté les faits, et c'est aux Théologiens à nous expliquer, comment la piété s'accorde avec tant de crimes

Vous avez bien relevé les disputes entre m. S[aurin] et m. J[urieu] sous l'art, de m. Nicolle*). Je voudrois que dans l'intervalle de loisir que vous devez vous donner, vous fissiez quelque pièce là dessus, et que vous usassiez les advantages que les incrédules peuvent tirer de l'aveu que fait m. J., que les preuves de l'Écriture sont inévidentes. Il me semble qu'il y auroit matière à faire une bonne pièce. Il faudroit mettre à quartier tout ressentiment personnel et le presser, en badinant, de la part des Incrédules.

Mr. le Clerc m'a dit à Amsterdam, qu'il sçavoit que mrs Huguetans avoient dessein de faire transporter dans leur Dictionnaire6) les Articles et les notes critiques du vôtre, mais qu'il refuseroit d'y travailler. Il ne trouve point honnête, qu'on mette ainsi en pièces votre ouvrage et qu'on fasse perdre et à vous et à

m. Leers le fruit de votre travail à l'un et à l'autre. J'approuvai fort la générosité de ses sentimens. Je ne sçay, si les autres persévéreront dans leur dessein.

Recommandez, ie vous en prie, à m. Leers le présent que vous destinez à m. Janisson. Je voudrois bien qu'il eût le plaisir de le recevoir des premiers.

Adieu, mon cher monsieur, soyez très persuadé que ie suis fort sensible à tout ce qui me vient de votre part, et que vous me trouverez touiours prêt à vous donner des marques, que ie suis très sincèrement votre très humble et très obéyssant serviteur.

P. S. Je voudrois que vous pussiez vaincre votre paresse, et venir rendre visite à me. la Comtesse

de 7). N'oubliez pas de donner les mémoires

de M. Harsoeker8) pour le quartier qui s'imprime. Il n'y a rien de nouveau à Paris que les mémoires du Comte de Bussy Rabutin?), et la vie de Charles 7°, in 12°, en 2 tomes.

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