‹ Choix de la correspondance inédite de Pierre Baye, 1670-1706Chapitre 49 sur 77 · FREDERIC SPANHEIM · texte numérisé non relu

FREDERIC SPANHEIM

A Leyde, Le 5 de Sept. 1684.

Monsieur,

le vous suis très -obligé, et du présent dont vous venez de me gratifier, et de l'occasion qui me l'a procuré '). C'est l'estime que vous faites d'une pièce, qui n'a eu pour but que de me justifier contre des accusations atroces, et de lever des scrupules qui partagent les Théologiens et les Eglises en matière du gouvernement de l'Eglise. Je n'ay ni attendu ni mérité les éloges, que les loix, que vous venez de vous prescrire très-sagement, vous ont défendu de me donner. Seulement, Monsieur, aurois je souhaitté que vous eussiez eu la bonté de me distinguer comme l'accusé, sur une dédicace innocente, qui n'offensoit personne, adressée à Monsieur l'Evêque de Londres. C'est ce que les étrangers avront de la peine à deviner, en lisant ce que vous dites au commencement de la p. 42 et sur la fin de la p. 52. Vous dites très-bien, qu'il y a vn non plus ultra. l'en demeureray là, quoy que le Sr. Vander Wayen2) ou ses suppôts puissent libeller. Car je suis persuadé, qu'ils ne peuvent répondre qu'en dissimulant ce que ie dis, ou en le tournant dans un sens malin et d'une fasson mal honneste. Le dit Sieur ne s'étoit fait connoître iusques icy, que par des Écrits éristiques et flamands, excepté ce qu'il a écrit contre le Cartésianisme et contre M. Wolzogen 5), dont il s'est dédi. Je vous suis encore très-redevable, Monsieur, de ce que vous avez iugé quelques vns de mes écrits

dignes d'estre nommez dans vostre Article. »L'Introd. à la Géographie« n'est qu'un échantillon, pour l'usage de notre Académie; »l'Histoire de rÉglise« n'est que le ir Tome, et dans la suite ie continueray dans mes strictures contre Baronius et ses Continuateurs, autant que l'espace le permettra. Mes Vindicia Biblica, et mes dissertations Historiques de Apostolatu, Canone Nicaeno, ALrâ Paulinâ, et temerè crédita Pétri in Urbem Romam profectione, comme aussi de Impositione Manuum, Baptismo propter Mortuos etc. n'ont peut-estre pas eu le bonheur de tomber entre vos mains. Aussi doit-on le craindre plutost que le souhaitter. Vous estes vn terrible lecteur. Vous découurez par tout le foible. Mais aussi vous le cachez en charité. Continuez à instruire le public de tout ce qu'il y a de beau et de curieux dans la république des lettres, mais sur tout à aimer celuy qui est avec une passion respectueuse,

Monsieur,

Votre très -humble et très -obéissant Serviteur

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