Abel Rémusat. Voy. la lettre de Lassen, Appendice, n" X
2. Remarques sur l'origine et la signification des mots Nabânazdista et Kavi.
savants? Pour ma part, j'avoue qu'il me sera bien difficile d'arriver à entendre cet allemand-là, et à trouver léger et spirituel le ton assommant et pédantesque de quelques critiques de ce côté de l'Allemagne.
J'aurais bien besoin de vos conseils et de vos directions pour un petit voyage que je ferai probablement cet été à Londres et à Oxford. Gomme la chose n'est pas décidée, je vous demande en attendant le secret; je n'en ai pas parlé à M. de Schlegel, parce qu'il est inutile d'employer des paroles pour des choses qui manqueront peut-être. J'ai plusieurs buts : d'abord le Bhâgavata Puràna, que je ne puis guère renoncer à publier, quoique le zend m'absorbe ; ensuite la collation ou au moins la vue des manuscrits zends qui sont chez le grand peuple ; enfin copier ce que je pourrai du Yadjur-véda et surtout du Nirukta, car je sens de jour en jour qu'il m'est impossible d'avancer dans le Zend-Avesta sans avoir jeté au moins un coup d'œil sur quelques portions notables des Védas. Voilà, vous me direz, un bien grand plan pour cinq ou six mois de séjour; mais cela se diminuera naturellement, et je ferai ce que je pourrai. Je compte pouvoir partir, si je pars, au commencement d'avril prochain, pour revenir en novembre. Si votre plan vous permettait de venir cette année à Paris, nous pourrions faire cette expédition ensemble. Je ne me rappelle pas si votre intention est d'aller à Londres en 1 835 ou en 1836. Au reste vous ne doutez pas du vif plaisir que j'aurais à me trouver en votre compagnie chez les gentlemen. Il y aurait tout à gagner pour moi.
Je n'ai pas encore reçu le livre de Brockhaus dont vous me parlez ; vous savez que je tiens de votre com-
plaisance les premières feuilles du texte ; il ne peut être question que de la fin et de la traduction.
Mais j'abuse de votre temps; il me reste à peine assez de place pour vous prier de recevoir mes compliments les plus affectueux.
Eug. BURNOUF.
P. S. — Présentez, je vous prie, mes amitiés sincères à M. Fr. Windischmann.