‹ Choix de lettres d'Eugene Burnouf, 1825-1852. Suivi d'une bibliographieChapitre 24 sur 86 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

A M. Ghr. Lassen, à Bonn.

Paris, ce 25 mars 1835.

Monsieur et cher ami,

Je n'ai pas répondu plus tôt à votre lettre du mois de février dernier parce que le projet dont je vous avais précédemment entretenu était devenu fort problématique, et que je craignais même de ne pouvoir le mettre à exécution. Aujourd'hui tous les obstacles à peu près sont aplanis, et je compte partir du 4 au 6 avril prochain. Je mettrai à profit les instructions de votre lettre, en commençant par Oxford. Je crois que j'aurai en deux mois et demi (avril, mai et la moitié de juin) assez de temps pour faire ce que je désire à Oxford. Je n'y connais que trois manuscrits zends, et le manuscrit du Bhâgavata Puràna. Peut-être, étant sur les lieux, retrouverai-je d'autres textes zends, mais, de toute façon, je ne puis trouver là autant de maté-

riaux qu'à TEast-India-House , où je compte déjà dix manuscrits tant du Yaçna que du Vendidad Sade. Je vous avouerai que je ne m'occuperai du Bhâgavata Purâna que quand j'aurai assez travaillé sur les manuscrits zends pour ne pas être obligé de retourner à Londres de quelques années.

Je n'ai pas besoin de vous dire que je suis à votre disposition, comme à celle de M. de Schlegel, pour les commissions dont vous désireriez me charger auprès de vos amis, en particulier pour Rosen. J'aurai bien besoin de ses avis pour me reconnaître dans les bibliothèques des nababs, et pour ne pas m'égarer dans ce monde anglais, que je suppose passablement différent du monde parisien. Aussitôt que je serai de retour à Londres, à la fin de juin, je m'occuperai de vérifier dans les manuscrits des Oupanichads (l'Aitarêya et le Vrihadàranyaka) divers points dont j'ai eu occasion de parler dans mon deuxième volume du Yaçna et sur lesquels je n'ai pu rien dire de satisfaisant, à mon grand regret.

Vous qui traitez avec tant de supériorité le sanscrit, et le plus difficile, vous aurez beaucoup à redire contre mes faibles essais dans le domaine védique, où je ne suis pas encore bien expérimenté ; mais Bràhma pardonnera à ceux qui ont de la bonne volonté.

Vous auriez déjà reçu mon deuxième bouquin zendique si les brocheurs, satineurs et autres engeances pareilles voulaient me lâcher. J'ai absolument terminé tout ce qui me regarde depuis le 6 mars, et cependant

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