Le cahier de juin 1837 du Journal de la Société asiatique
Quoique ce savant corps ne prête son attention en ce moment qu'au grec et à l'arabe, j'ai demandé la parole, et j'ai trouvé de la verve pour exposer tout ce que vous veniez de faire de beau et de grand par votre découverte. J'ai été écouté avec une religieuse attention, et je sais que la communication a fait quelque effet.
Chose singulière ! J'avais déjà fait des essais infructueux sur la copie du VIP volume des Asiatic Researches. J'avais huit lettres, mais, m'étant trompé lourdement sur l'une et ne sachant que faire d'une autre, je n'avais
pu passer outre Votre N^ est un véritable trait
de vive lumière, qui a rendu à ce caractère le même service que le n des inscriptions cunéiformes trouvé par Rask.
J'ai communiqué votre lettre à M. Jacquet, qui venait, peu de jours avant, de recevoir une masse d'inscriptions de Girnar exactement dans le caractère que vous avez déchiffré si heureusement. Il s'y est mis avec empressement et il vous écrira lui-même
du Bengale, accompagné de la lettre de Prinsep, datée du 17 juin 1837, qu'on trouvera plus loin à l'Appendice, sous le n» XVI.
1. Dans l'impossibilité de reproduire le caractère tel qu'il était figuré dans la lettre originale et qu'il a été imprimé dans le Journal de la Société asiatique du Bengale, nous le remplaçons par la lettre correspondante de l'alphabet européen, suivant la concordance établie par Prinsep et insérée dans le Journal of the asiatic Society of Bengal, 1837, vol. VI, l''^ partie, p. 475.
A M. Charles Lenormant^ à Paris.
Paris, 2 avril 1838.
Monsieur,
Je faisais mon cours au moment où votre envoyé est venu chez moi, et hier je n'ai pu avoir mon copiste pour vous porter la dissertation de Lepsius que vous désirez. L'alphabet ancien auquel je faisais allusion se trouve complet dans le XV^ volume des Asiatic Researches; je n'en connais que des fragments dans le Journal du Bengale.
Je ne puis trop vous remercier de ce que votre lettre contient d'obligeant pour moi^. La vérité est que j'ai, plus que jamais, besoin de l'appui que vous voulez bien me prêter. Mes moyens d'action sont bornés, parce que j'ai toujours vécu dans mon cabinet. Ce n'est pas à trente-huit ans que je commencerai d'en sortir. Tous les amis que j'ai pu faire mouvoir, et plusieurs sont aussi des vôtres, sont, ou fatigués de parler au ministre, ou ennuyés de m'entendre. Sous un autre que M. de Salvandy, je crois qu'ils l'eussent emporté.
M. R. Rochette, avec lequel j'ai eu, à deux reprises, un entretien sur ce sujet, se fait très aisément à l'idée de voir séparer la conservation en deux adjonctions, dont l'une serait donnée à Julien et l'autre à moi.