‹ Choix de lettres d'Eugene Burnouf, 1825-1852. Suivi d'une bibliographieChapitre 46 sur 86 · Bibliothécaire de l'Institut · texte numérisé non relu

Bibliothécaire de l'Institut

Les Assyriens ne vont pas très vite, quoique la grande inscription soit terminée ; mais j'ai besoin d'en voir d'autres. Botta^ est toujours lanterne; c'est actuellement le seul falot qui vienne nous éclairer à Ghàtillon.

Adieu, mon très cher ami et confrère en tout; présentez nos respects à Madame Mohl ; ils ne sont pas moins empressés, quoique nous ne la connaissions encore que de nom.

Tout à vous de cœur,

GXIX.

A M. Théodore Benfey, à Gœttingue.

Paris, 4 novembre 1847.

Monsieur et ami.

J'ai reçu les trois exemplaires de votre travail sur les Inscriptions persanes que vous avez bien voulu m'adresser, et je me suis empressé d'en disposer conformément à vos intentions. L'Académie a reçu avec plaisir l'exemplaire que je lui ai présenté en votre nom ; elle connaît vos travaux, et plusieurs des membres qui la composent sont capables de les suivre et de les juger. On a trouvé que vous aviez bien fait de rassembler et de publier, sous une forme accessible à tous les lecteurs, ces précieux monuments de la vénérable antiquité. Et, de mon côté, j'approuve extrêmement

1. Paul-Émile Botta, consul de France à Mossoul, célèbre par la découverte des monuments et des inscriptions de Ninive et de Khorsabad.

l'idée de votre index des mots; nous qui faisons souvent usage de lexiques, nous savons combien ces sortes d'ouvrages sont précieux, et combien ils épargnent de peine aux travailleurs. Je vois, par quelques indications, que votre dessein est de joindre un pareil index à votre édition du Sâma-véda; l'idée est, ici encore, très digne d'approbation ; ce sera une bonne base pour l'édification d'un dictionnaire des mots védiques. Je ne saurais vous dire avec quelle impatience j'attends cette édition du Sâma-véda ; elle ne pourra manquer de vous faire beaucoup d'honneur.

J'aurais très volontiers fait un examen de votre dernier travail si j'en avais réellement le temps. Mais, à mesure que j'avance dans la vie, je suis obligé de consacrer des moments de plus en plus nombreux à mes propres travaux si je veux remplir les engagements que j'ai pris avec le public. Et, malgré ce soin, combien peu puis-je les remplir! Vous devez avoir remarqué que, depuis bien longtemps, je n'ai écrit aucun article de récension. C'est que le temps s'écoule de plus en plus vite, que mes travaux me pressent, et que j'ai besoin de plus de sommeil. Je suis, d'ailleurs, presque absorbé en ce moment par un travail sur les inscriptions découvertes et copiées à Khorsabad par M. Botta. Je viens, en outre, de terminer la préface du troisième volume du Bhàgavata Puràna. Ne voyez donc pas, dans mon refus, de l'indifférence, mais, ce que je n'hésite pas à reconnaître, une impossibilité née de l'impuissance ; et croyez-moi toujours

Votre bien dévoué,

A M. Paul Bœtticher (Paul de Lagahde), à Berlin.

Paris, ce 4 novembre 1847.

Monsieur,

Je viens de recevoir le petit volume que vous m'âvez fait l'honneur de m'adresser, avec la lettre, en date du \^^ septembre, qui l'accompagnait*. Je me suis hâté de lire ce mémoire avec d'autant plus d'empressement que l'Assyrie, par suite des nouvelles découvertes faites à Khorsabad par notre consul M. Botta, attire généralement l'attention des orientalistes. Je ne suis certainement pas juge du plus grand nombre des idiomes que vous appelez en témoignage de vos rapprochements ; cependant il me paraît que votre méthode est sûre, en même temps que votre savoir est fort étendu. J'ai remarqué particulièrement ce que vous dites des transformations qu'ont subies les noms de Khordad et d'Amerdad. Cela est neuf, ingénieux et parfaitement concluant. Il y a encore d'autres rapprochements qui prouvent les emprunts faits par une des branches les plus puissantes de la famille sémitique aux idiomes indo-persans, et je crois que votre thèse est inattaquable dans sa générahté. Il reste toujours, dans ces sortes de recherches, des points de détail sur lesquels il est inévitable que des divergences se produisent. Je ne suppose pas qu'il y en ait beaucoup qui restent douteux après vos recherches, et

■ 1. « J'avais envoyé mes Horae Aramaicae, dont l'impression fut linie feria ii post dom. xm Trin. a. D. MDGGGIIIL. » (Note de M. Paul de Lagarde.)

VOUS devez avoir la juste espérance de les voir accueillies avec faveur par tous les amis des études graves.

Croyez bien, Monsieur, que, si je puis décider quelqu'un de mes confrères à en rendre compte dans le Journal asiatique, je m'y emploierai activement et avec un véritable plaisir.

Recevez, Monsieur, avec mes remerciements, l'assurance de la sincère estime avec laquelle j'ai l'honneur d'être

Votre tout dévoué,

A M. Charles Lenormant, à Paris.

Mars 1848.

Mon cher ami.

J'ai vu M. Jean Reynaud^ je lui ai parlé très fortement et je l'ai trouvé très bien disposé, et il m'a donné l'assurance que toutes les positions de votre établissement^ étaient regardées comme inattaquables. Je ne me suis pas contenté de ces affirmations générales, j'ai insisté nominativement, et il m'a promis de parler au ministre de façon à obtenir de lui une assurance formelle sur ce point. Aussitôt que Jean Reynaud aura vu le ministre, il m'écrira immédiatement. Mais,

1. Jean Reynaud, né en 1806, mort en 1863, président du Comité des hautes études scientiliques et littéraires dont Eugène Burnouf faisait aussi partie.

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