‹ Choix de lettres d'Eugene Burnouf, 1825-1852. Suivi d'une bibliographieChapitre 48 sur 86 · Directeur de l'École française d'Athènes · texte numérisé non relu

Directeur de l'École française d'Athènes

nous, quoique la mort de mon père et bien des changements dans notre situation matérielle, entraînés par cette perte et par les événements politiques, aient rendu notre intérieur un peu sérieux. Mais cette modification n'est que pour le père et la mère ; les enfants sont, en tout temps et en tout pays, l'espérance joyeuse de l'avenir. Qu'il vienne donc, tout le monde se fait une fête de le recevoir. Je vais néanmoins lui écrire un billet en manière de duplicata.

Adieu, mon cher oncle, embrassez bien vivement notre tante pour nous, et recevez pour vous deux nos souhaits les plus sincères pour votre bonne santé.

Votre neveu dévoué,

GXXVIII.

A M. Théodore Benfey, à Gœttingue.

Paris, le 23 décembre 1848.

Monsieur et savant ami.

Vous trouverez peut-être que j'ai beaucoup tardé à répondre à votre lettre du 2!8 septembre dernier, et à vous remercier du présent que vous avez bien voulu me faire de votre Sàma-véda. Mais votre volume m'est parvenu bien longtemps après la date de votre lettre, et ensuite, des occupations très variées, jointes au désir de connaître votre travail lui-même, m'ont empêché de vous écrire aussitôt que je l'ai eu reçu.

Quelque plaisir que j'aie toujours à m' entretenir avec vous, je ne puis trop m'en vouloir de ce retard.

car il m'a permis de lire une certaine partie de votre édition, et de vous exprimer, plus en connaissance de cause, l'estime que j'ai conçue pour votre savoir solide, vos lectures variées et votre sagacité si heureuse. Il y a dans ce volume, si consciencieusement rempli, une masse de détails qui n'ont pas seulement le mérite d'élucider le Sâma-véda sous le rapport philologique et critique, mais qui devront se retrouver plus ou moins complètement dans les travaux dont les autres parties du Véda devront être successivement l'objet. Je signale surtout, sous ce rapport, l'index substantiel où nous trouvons tous bien des choses neuves à apprendre. Pourquoi faut-il que d'impérieux devoirs, et les engagements que j'ai pris à l'égard d'autres travaux, me privent du bonheur d'apporter aussi ma pierre à l'édifice dont vous venez de construire si heureusement une partie considérable !

J'ai présenté moi-même votre volume à l'Académie des inscriptions; j'en ai dit ce que me permettait d'en penser une lecture assez avancée, avec un accent de conviction auquel je crois que l'Académie a dû accorder créance. L'Académie connaît vos travaux ; je ne négligerai aucune occasion pour les lui rappeler. Ce sera un jour bien heureux pour moi que celui où je pourrai vous proposer comme candidat à la liste de nos Correspondants. Mais nous n'avons pas eu de vacance cette année ; et peut-être les orientalistes devront-ils attendre un peu, car les dernières nominations ont été faites dans cette partie de l'érudition.

Adieu, Monsieur et savant ami, recevez, de nouveau, mes remerciements pour votre précieux cadeau, et mes sincères félicitations pour le succès d'une œuvre

dont il sera parlé bien honorablement pour vous dans toute l'Europe savante.

Votre tout dévoué,

A M. EMILE BuRNOUF, à Athènes.

Paris, 1er janvier 1849.

Mon cher Emile,

Je souhaite bien vivement que tu ne m'imputes pas trop sévèrement le retard que j'ai mis à répondre à ta lettre de la fin de novembre dernier. Tu ne saurais croire par quels soucis de tout genre j'ai passé mon mois de décembre. J'ai eu beaucoup de besogne pour la fin de l'année, comme président de notre Académie et de l'Institut. A ces soins, qui constituent des devoirs auxquels nul ne peut se soustraire, parce qu'ils nous arrivent à tour de rôle, sont venues s'ajouter des affaires personnelles très désagréables et assez peu réparables, des pertes d'argent et autres accidents pareils. Enfin, je me porte très mal, souffrant des douleurs très vives d'une névralgie pour laquelle je me fais tirer du sang le 2 janvier. Tout cela ne me donne pas des idées couleur de rose. Mais je m'aperçois que je fais le contraire de ce que je voulais, que je ne te parle pas de toi.

Tu as raison de songer à l'Académie des sciences morales et politiques, c'est-à-dire, pour commencer, aux prix que cette Académie distribue de temps en temps. Mais je pense aussi que tu dois attendre ton

retour; tu ne pourrais rien faire sans livres et sans repos d'esprit. Mais, quelque détermination que tu doives prendre, cesse donc de te croire trop âgé. Tout vient à point à qui sait attendre, et personne ne pourra dire que tu aies perdu ton temps à visiter la Grèce comme tu l'as fait.

Ta lettre touche à un autre point d'une plus grande importance, parce que, selon que l'on prend une détermination, le bonheur ou le malheur de la vie peuvent y être engagés. Mais c'est un point qui ne peut être traité commodément par lettres. En thèse générale, je suis pour le mariage ; c'est un état moral et digne, où le besoin de sociabilité, qui est au fond du cœur de l'homme, trouve une satisfaction à la fois pure et sensible. Mais il n'y a rien au monde où il faille plus de précautions. Nous en causerons longuement à ton retour. Aujourd'hui, je ne te puis dire qu'une chose, c'est de continuer comme tu as commencé. Quand tu seras revenu parmi nous, il se présentera vraisemblablement telle occasion que tu ne prévois pas de mettre à profit les résultats de ton exil studieux, et qui n'est pas, même aujourd'hui, sans compensation.

Tout le monde ici s'associe à moi pour désirer de te revoir. Tu fais bien de compter sur l'affection de ma femme et de tes cousines; elle survit à ta longue absence, et leur souhait le plus vif est de t'en donner des preuves.

Adieu, mon cher Emile, crois bien que, si jamais je puis quelque chose, je ne te manquerai pas.

Tout à toi,

Eug. BURNOUF.

GXXX.

A M. J.-P. Rossignol, à Paris.

Paris, 11 janvier 1849.

Monsieur,

J'ai reçu la lettre par laquelle vous me faites l'honneur de m'informer que vous ne pouvez, cette année, remplir les fonctions de suppléant de la chaire de grec que M. Boissonade avait demandées pour vous à l'assemblée des professeurs du Collège de France du 7 janvier 1849.

Je regrette beaucoup, et l'assemblée regrettera comme moi, la détermination que vous avez prise. M. Boissonade s'associe à nos sentiments, et il me charge de vous les exprimer.

Après cette communication entièrement officielle, permettez -moi, Monsieur, de vous remercier de ce qu'il y a d'aimable dans le billet que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser à l'occasion du nouvel an. Vous y exprimez une opinion au-dessous de laquelle je ne me sens que trop placé. Ce que je vous dis là est chez moi une conviction tellement forte que je fais en ce moment toutes les démarches nécessaires pour être dispensé de continuer des fonctions pour lesquelles je n'ai aucune aptitude. Je n'en suis pas moins sensible à votre bonne opinion, car je sais tout le prix de vos jugements.

Agréez, Monsieur, etc.

A M. Charles Burnouf, à Valognes.

Paris, 16 janvier 1849.

Mon cher oncle,

Je sens trop vivement quelle doit être votre inquiétude pour tarder un seul instant à vous répondre. Je n'ai pas, il est vrai, de nouvelles bien récentes d'Emile ; sa dernière lettre est de la fin de novembre 1 848 ; mais j'ai vu récemment M. Guigniaut qui en avait reçu par deux de ses collègues récemment revenus de Grèce. J'ai moi-même reçu la visite de M. Daveluy, le directeur de l'École française d'Athènes. M. Daveluy ne m'a pas laissé soupçonner que rien, si ce n'est peutêtre quelque voyage dans l'intérieur du pays, pût empêcher Emile d'écrire en France. Je lui ai adressé une lettre le 3 ou le 4 janvier, mais je ne puis encore en avoir de réponse. Du reste, M. Daveluy m'en a dit beaucoup de bien, et son suffrage est déjà acquis à Emile pour le moment où il reviendra ici réclamer une position plus stable. C'est aussi ce que m'a dit M. Guigniaut il y a moins de dix jours.

Je ne vois donc pas qu'il y ait lieu de votre part au moindre sujet d'inquiétude. Je comprends néanmoins que vous désiriez vivement, ainsi que ma tante, d'avoir promptement de ses nouvelles. A la distance où il se trouve de vous, le moindre délai peut produire un long retard. Espérons que vous ne tarderez pas à recevoir de lui un billet.

Je vous suis bien reconnaissant, mon cher oncle, de ce que vous me dites de bon à l'occasion de la

place d'administrateur du Collège de France, à laquelle j'ai été appelé à la fin de l'année 1848. Je n'avais pas demandé cette position que l'on m'a imposée sans me consulter. Ne me sentant aucune aptitude pour les fonctions administratives, j'ai été assez heureux pour convaincre le ministre que je ne pouvais accepter ces fonctions, et j'ai déposé hier ma démission entre ses mains. J'ai seulement fait l'intérim, de la fin de décembre 1848 au 15 janvier 1849.

Recevez, mon cher oncle, ainsi que ma tante, l'assurance de mon respectueux attachement et celui de toutes mes petites filles et de ma femme.

Votre bien dévoué,

A M. EMILE BuRNOUF, à Athènes.

Paris, 2 mars 1849.

Mon cher Emile, Quand j'ai reçu ta lettre du 1 8 janvier, nous n'étions pas sans inquiétude ici sur ta santé. Nous avions reçu de mon oncle une lettre qui nous demandait de tes nouvelles; je n'avais malheureusement pas pu lui en donner; j'avais cependant fait tout mon possible pour le tranquiUiser. Avant que ta lettre me parvint, mon oncle en avait une de toi , et il avait eu la bonté de m'en donner avis. Ta dernière achève de nous ôter toute crainte, quoiqu'elle ne nous montre que trop quels dangers court un voyageur en Grèce quand il

veut, comme toi, voyager réellement, c'est-à-dire autre part que dans les livres.

Je n'ai pas eu moins de plaisir que toute la famille à lire ton intéressante lettre du 18. Mon avis cependant est que tu feras bien de te ménager, surtout dans les derniers temps de ton séjour. Il ne faut pas revenir en France avec quelqu'une de ces affections qui ressemblent, si elles ne préparent pas, à des maladies organiques. M. Daveluy, que j'ai vu et avec lequel je me suis, aussi longtemps que j'ai pu, entretenu à fond de toi et de ton séjour en Grèce, m'a dit que tu travaillais beaucoup. J'avais bien reconnu par tes lettres que tu avais considérablement agrandi le cercle de tes connaissances, et que tu avais dû donner plus de profondeur à celles que tu avais emportées de France. Maintenant, par tes lettres aussi, je vois que tu peux courir des dangers de plus d'un genre, et je te prie, tant en mon nom qu'au nom de tes parents, dont je ne crains pas de me dire l'organe, je te prie, dis-je, de ne pas compromettre l'avenir de ta santé en voulant trop bien faire.

Mais parlons de ton projet de tourner cap vers l'Orient. J'avoue que ce projet me ferait personnellement un très grand plaisir. Je serais heureux de pouvoir te servir à quelque chose, pas à beaucoup de choses, sans doute, puisque la nouveauté des études auxquelles je me suis livré depuis vingt ans, et mes devoirs de professeur m'ont forcé de donner à mes travaux une direction purement philologique. Mais, enfin, si cette philologie pouvait te rendre l'abord du sanscrit plus facile, tu serais par là en mesure de faire de tes connaissances d'heureuses et neuves applica-

tions. Il n'est que trop vrai que peu de personnes dans rinstitut se livrent à l'étude du nouvel Orient (car il y en a de bien des sortes, et ce n'est pas dans une lettre que je pourrais te les définir toutes pour te mettre à même de faire ton choix). Cependant j'ai quelques élèves qui ont déjà pris date par quelques publications. Mais rien de tout cela n'est redoutable, et, avec deux années d'études, j'ai la conviction que tu seras placé au niveau des plus habiles. Ce n'est pas un compliment que je te fais ; c'est qu'il parait chaque jour un assez grand nombre de textes et de traductions pour qu'on acquière une connaissance très profonde de la langue et d'une partie des idées par la seule lecture des ouvrages des autres. Il me semble que tu entrerais actuellement dans cette étude de la manière la plus favorable, et par tes préparations personnelles, et ensuite par l'état auquel est parvenue l'étude elle-même. Au reste, comme tu ne pourras rien décider qu'à ton retour, garde ton projet pour toi, nous en causerons amplement quand nous nous verrons. Alors il me sera plus facile de te faire entrevoir ce que tu serais apte à en retirer immédiatement de connaissances, et les résultats ultérieurs que tu pourrais y trouver plus tard. Pour aujourd'hui, le projet me paraît excellent, et je suis prêt à te seconder. Mais tu verras qu'il faut s'entendre sur le mot Orient, et que, selon les idées qu'on cherche sous ce nom, il me serait ou possible ou impossible de t'être de quelque secours.

Adieu, ménage-toi sérieusement, et crois-moi

Ton bien dévoué cousin,

GXXXIII.

A M. Paul Boetticher (Paul de La garde), à Berlin.

Le jour de Pâques, 8 avril 1849.

Monsieur,

J'espère que vous ne m'en voudrez pas beaucoup du retard que j'ai mis à vous répondre. Je n'ai pas reçu votre lettre, avec les Rudimenta qui l'accompagnaient, aussitôt que devait l'indiquer la date de leur envoi ^. Vous savez que les libraires ne mettent pas toujours beaucoup de célérité dans leurs commissions.

Vos Rudimenta sont certainement plus nourris et traités avec une critique plus sévère en bien des points que votre premier traité. Il me semble que les résultats exposés dans votre § 6 sont à l'abri de toute critique. Je voudrais être plus versé dans les langues sémitiques pour que mon jugement eût plus de poids; mais, autant que j'en puis juger, il y a certainement une série de points où il est possible, grâce à vos recherches, de constater d'incontestables emprunts faits par les littératures ou les philosophies des peuples sémitiques aux langues et aux idées des peuples ario-indiens. Je vous remercie particulièrement de vos analogies hébraïques entre les Siddhas et Amererât ; c'est un trait de lumière jeté sur deux mots bien obscurs.

Vous devez. Monsieur, éprouver le besoin de poursuivre ces curieuses et intéressantes recherches. Elles

1. La lettre de P. Boetticher est datée de Berlin, le 13 février

n'ont pas seulement de l'intérêt pour ceux qui s'occupent particulièrement des anciennes langues de l'Asie, elles méritent encore l'attention de l'historien et du philosophe qu'elles mettent sur la voie de rapports, anciennement existants et depuis longtemps oubliés, entre les anciens peuples de l'Orient.

Croyez bien. Monsieur, que je suivrai toujours avec le plus grand intérêt la marche de vos recherches, et recevez l'assurance sincère des sentiments d'estime avec lesquels j'ai l'honneur d'être

Votre très humble serviteur,

A M. L. DE Raynal, premier avocat général,

à Bourges.

Paris, 13 juillet 1849.

Mon cher ami,

Je pensais à vous écrire, pour vous féliciter de l'arrêté qui vous rendait votre ancienne position, quand j'ai reçu le billet qui m'annonce la perte cruelle et irréparable que vous venez de faire. Ceux-là seuls qui ont été frappés de tels coups savent en sentir toute l'amertume, et ce n'est pas une consolation que de dire à un fils qu'il a pu voir longtemps auprès de lui son père et lui exprimer par ses respects une reconnaissance qu'il sent bien ne pouvoir s'acquitter jamais. J'ai entendu souvent mes meilleurs amis m'adresser cette espèce de consolation. Je ne l'ai cer-

tainement pas repoussée, car en de tels moments que n'accepte-t-on pas? Je sentais cependant qu'un fils ne pouvait s'en satisfaire, et je me suis bien promis de ne jamais l'offrir à un fils assez heureux pour avoir conservé longtemps son père, assez malheureux pour se le voir enlevé à jamais.

Avec vos devoirs de père, de magistrat et de citoyen, avec ce que vous mettez de conscience et de force à les remplir tous, cette perte n'en laissera pas moins un nuage de tristesse sur le reste de votre vie. Mais le souvenir d'un père vénéré, qui emporte avec lui les respects de tous les honnêtes gens et qui laisse à son fils un beau nom et de bons exemples, vous rendra plus chères, si cela est possible, les obligations que vous imposent vos nombreux devoirs. Vous vous sentirez le chef réel d'une famille qui attend tout de vous; si les conseils d'une plus longue expérience vous manquent, vous sentirez plus vivement le besoin de vous reporter par le souvenir au temps où vous pouviez les demander. Enfin, vous le dirai-je, on ne pense jamais plus à son père, sa parole et ses actions ne vous sont jamais plus présentes, que quand on a eu le malheur de le perdre.

Adieu, mon bien bon ami, je souhaite vivement que la santé et le bien-être de votre famille vous laissent tout entier aux légitimes sentiments de regret que vous devez éprouver.

Votre bien dévoué,

A M. Emile Burnouf, à Paris.

1" août 1849, à midi.

Mon cher Emile,

J'apprends avec bien de la joie que tu es enfin de retour en France. Nous allons, je l'espère, te voir pendant ton court séjour à Paris. Gomme je n'y suis pas cet été, je te laisse, rue de l'Odéon, n° 35, un mot d'instruction pour que tu puisses me rencontrer, en perdant le moins de temps que cela sera possible.

Premièrement, je suis à Paris tous les vendredis, à l'Institut, de deux heures à quatre heures du soir. Voilà pour le cas où tu arriverais juste vendredi 3 août.

Secondement, je reste à Ghâtillon-sous-Bagneux (banlieue) les autres jours de la semaine, sauf le mercredi, où je viens pour vérifier des impressions à l'Imprimerie nationale, rue Vieille-du-Temple. Je ne pourrais aisément te donner rendez-vous pour ce jour de mercredi, parce que je ne fais que poser rue de l'Odéon, et que l'Imprimerie nationale en est bien éloignée.

Troisièmement enfin, tous les autres jours de la semaine, il faudra que tu prennes la peine de te transporter à Ghàtillon, voyage considérable et comparable en importance à celui de Paris à Saint-Gloud. Pour le faire, tu trouveras, soit au coin du Pont-Neuf, soit le long de la rue Dauphine, ou de celle de l'Odéon, ou de celle d'Enfer, un omnibus nommé « Montrougienne, » qui, pour cinquante centimes, te conduira à la barrière d'Enfer, où un autre omnibus, égale-

ment montrougien, te prendra pour te mener à Châtillon pour la même somme. A Châtillon, tu demanderas M. Burnouf, rue du Ponceau, n° 6, route de Bièvre, et, en une heure environ de Paris, à ce n° 6, rue du Ponceau, tu auras accompli cet intéressant appendice à tes grands voyages, lequel nous rendra tous bien heureux.

Voilà pour le plus pressé. L'important est que tu voies quelques personnes. En arrivant, fais une tentative chez M. Guigniaut, 32, rue de TOdéon. S'il n'est pas à Paris ou à l'Université, tu le trouveras à Fontenay, très près de nous ; je t'indiquerai sa demeure, de sorte qu'en venant à Châtillon tu pourras faire d'une pierre deux coups. Il est capital que M. Guigniaut puisse savoir que tu as mis un grand empressement à le voir, car il t'a beaucoup soutenu. Je t'en donnerai encore d'autres raisons de vive voix.

Tout à toi. Je ne puis penser sans émotion combien ton père et ta mère vont être heureux d'apprendre ton retour !

E. Burnouf.

GXXXVI.

A M. Trithen, à Londres.

Paris, ce 3 août 1849.

Monsieur,

Si j'avais pu oublier l'agréable journée que j'ai passée avec vous, il y a déjà quelques années, le précieux cadeau^ que vous avez bien voulu m'envoyer

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