The Mâhâ-vira-charita, or the history of Rama, a sans
par les soins de M. Daremberg m'en aurait fait vivement ressouvenir. Je vous remercie sincèrement de cet envoi auquel j'attache bien du prix, non moins à cause du texte en lui-même qu'en considération de l'éditeur. Ce que j'ai lu de ce drame m'a fort intéressé, car c'est un bien beau sanscrit que celui que parie Bhavabhûti. Votre texte me paraît être d'une correction rare, et, à en juger par plus d'un passage ardu, ce mérite n'était pas très facile à obtenir. Je ne puis vous dire avec quelle impatience j'attends votre traduction et vos notes. Cette dernière partie du travail, composée par un homme d'une aussi grande lecture que vous, ne peut manquer d'être aussi riche qu'intéressante. Tel qu'il est déjà, votre volume est une belle et bonne addition à ce que nous possédons de haute littérature dramatique, et il me semble qu'un tel début devrait vous engager à donner au public ce que l'on possède en Europe des drames de Bhavabhûti. Nul ne serait plus capable que vous de conduire à bonne fin cette entreprise.
En vous remerciant de nouveau, Monsieur, de cette marque précieuse de votre bon souvenir, je vous demande de me le conserver, et je fais les vœux les plus sincères pour que vous ayez la santé et la force nécessaires pour continuer des travaux si heureusement commencés.
Votre tout dévoué,
crit play, by Bhatta Bhavabhûti. Edited by H. Trithen. » London, 1848. Grand iii-8'.
A M. Reinhold Rost, à Londres^
Paris, le 3 août 1849.
Monsieur,
Je dois vous paraître bien négligent de ne vous avoir pas remercié plus tôt des intéressants détails que vous avez bien voulu me donner sur les manuscrits palis et barmans du British Muséum. Mon intention était de répondre à votre intéressante communication par l'envoi de quelques détails analogues sur les manuscrits de même espèce conservés à la Bibliothèque nationale de Paris ; mais des dérangements de tout genre, et surtout le peu d'ordre qu'il y a dans cette partie de ce savant dépôt, m'en ont jusqu'ici empêché. Je vous dirai seulement le nom de quelques manuscrits que j'ai vus ou dont je connais l'existence
(Suit rénumération de huit manuscrits palis et barmans.) Enfin , j'ai reconnu plusieurs feuilles , mais incomplètes et en désordre, du Dhammasat, dont vous voulez bien m'entretenir dans votre lettre. Je pense que vous avez bien raison de regarder ce livre comme l'un des plus précieux que possèdent les Barmans. Je fais les vœux les plus sincères pour que vous puissiez le publier. Avec le Mahâvamsa, qui mériterait tant d'être repris et continué, ce serait ce qu'on pour-
1. Nous tenons cette lettre de M. le D»" Reinhold Rost, bibhothécaire de l'India Office, qui a bien voulu nous la donner par l'obligeante entremise de M. le D"" Gh. Rieu, conservateur des manuscrits orientaux au British Muséum.
rait publier de plus intéressant pour l'histoire des nations buddhistes du sud de l'Inde. Quant à moi, je vois, avec regret, que ce que j'ai rassemblé jusqu'ici sur le buddhisme du sud n'ajoute pas autant que je l'aurais espéré à ce que nous connaissons déjà par les ouvrages imprimés ; mais je sens bien que cela vient du manque de livres, et ce manque peut, il faut l'espérer, diminuer d'un jour à l'autre. C'est pour cela que je n'hésiterai pas à solliciter de la Société asiatique [de Londres] la faveur d'obtenir la communication de quelques-uns de ses manuscrits palis et barmans, quoique, comme vous le remarquez très justement, la collection de la Société asiatique soit de beaucoup inférieure à celle du British Muséum. M. Mohl, qui va en ce moment à Londres et qui vous fera tenir cette lettre, doit demander pour moi à M. Wilson le Mâtikâ, que je trouve souvent cité et que je n'ai jamais vu, et le Bhuridatta jâtaka. Ces petits traités des Vies de Buddha, quoique nuls pour l'histoire, ont pour moi l'intérêt des mœurs qu'ils représentent.
Adieu, Monsieur, veuillez quelquefois m'honorer de vos communications savantes, et croyez bien que personne ne prend plus d'intérêt que moi au succès des travaux que vous avez déjà si heureusement commencés.
Votre tout dévoué,