Voy. l'Appendice, n° XX
A M. Charles Lenormant.
Mercredi 16 octobre 1850.
Mon cher confrère,
Pétigny, qui a quitté Paris sans pouvoir vous rencontrer, désire que je vous en exprime ses regrets. Je l'aurais fait vendredi dernier si j'avais pu vous voir à la séance de l'Académie. Craignant que vous ne soyez pas encore en ville après-demain , je m'acquitte de ma commission auprès de vous. Pétigny attache un prix extrême à votre suffrage, jusqu'à désespérer du succès si vous ne l'accueillez pas avec bienveillance. Vous pèserez ses titres, non seulement en eux-mêmes, mais en les comparant avec ceux des autres candidats. Quant à présent, sa candidature a été bien accueillie par ceux de nos confrères qui, pensant que l'Académie ne doit pas refuser un représentant à la Province, qui en perd un par la mort de M. de Villeneuve, ne donnent cependant pas les mains à la candidature d'un autre candidat beaucoup plus impétueux. Cette circonstance, jointe au caractère parfaitement honorable de Pétigny, lui assure, si je ne me trompe, d'assez bonnes chances.
J'espère que vous n'avez que des sujets de satisfaction autour de vous, et que la santé de toute votre famille continue d'être bonne. Ma femme relève à peine d'une nouvelle atteinte des plus graves, ce qui nous retiendra pour quelques jours encore à Châtillon.
Veuillez présenter mes hommages respectueux à Madame Lenormant, et recevez pour vous l'expression de mon entier et sincère attachement.
GXLVIII.
A M. Paul Boetticher (Paul de Lagarde), à Halle.
Paris, 13 novembre 1850.
Monsieur,
J'ai l'honneur de vous transmettre la note, que m'a remise un des employés chargés des Manuscrits orientaux de la Bibhothèque nationale, touchant les manuscrits coptes dont vous désirez connaître exactement le numéro.
(Suit la note que nous supprimons ici.)
Je souhaite. Monsieur, que ces détails puissent vous satisfaire.
J'ajouterai que j'ai lu avec un vrai plaisir et un grand fruit pour moi votre dissertation sur l'analogie des lettres arméniennes avec le sanscrit. Vous êtes, à mon avis du moins , dans la bonne voie ; je dirai même dans la seule qui puisse conduire à des résultats sûrs. Il faut appliquer à l'étude des langues les procédés rigoureux d'une sorte d'anatomie comparée. Cela est surtout nécessaire pour celles qui, comme l'arménien, cachent sous des caractères tout à fait spéciaux le fonds primitif par lequel elles se rattachent à des bases actuellement oubliées.
Recevez, Monsieur, l'assurance de ma sincère estime.
Votre tout dévoué,