‹ Choix de lettres d'Eugene Burnouf, 1825-1852. Suivi d'une bibliographieChapitre 9 sur 86 · Voy. l'Appendice, n» VI · texte numérisé non relu

Voy. l'Appendice, n» VI

lité pourra être considérable dans l'état des études indiennes.

En France, il n'y a rien de nouveau. Personne ne travaille; on respire le frais, on jouit du chaud; nous sommes de vrais animaux sensitifs. Il y a seulement, à la Société asiatique, une petite révolution en train, dont le résultat est de dégager la Société des mains de Dondey, et conséquemment de nous donner de l'argent, dont nous avons bien besoin, car nous sommes très bas.

A propos de ce sujet, ayez la complaisance de présenter à M. Freytag^ mes très humbles respects, et soyez bien convaincu que la lettre que je lui ai écrite était officielle. Dans toute autre circonstance, je ne lui aurais adressé que l'expression de mon respect. Diteslui bien que M. Rémusat pousse vivement pour qu'on lui fournisse des encouragements ; mais si vous saviez combien la Société est pauvre ! On tremble de prendre des souscriptions à un livre dont on ne saurait que faire ici, quand tant d'entreprises sont languissantes.

Adieu, mon cher Lassen, tenez-moi au courant de ce qui se passe dans votre laborieux pays et croyezmoi votre dévoué,

Ma nouvelle adresse est : Place de l'École de médecine, n° 13.

1. Professeur d'arabe à l'université de Bonn, correspondant de l'Institut, mort en 1861.

A M. Chr. Lassen, à Bonn.

Paris, 8 septembre 1827.

Mon cher Lassen,

J'ai reçu avec un vrai plaisir votre dernière lettre, où vous m'annoncez la suite de vos travaux et notamment la fin et la publication de votre dissertation sur le Pendjab. J'attends avec une bien vive impatience ce livre, que je n'ai pas encore reçu. Je suis bien satisfait d'apprendre que vous avez trouvé assez de faits nouveaux pour composer un second mémoire. Aussitôt que j'aurai reçu votre livre, j'en rendrai immédiatement compte au Journal asiatique.

Je n'avance pas aussi vite que je voudrais. Les travaux que je suis obligé de faire sur le pâli retardent l'achèvement de mon travail sur le zend, qui, cependant, est fort avancé. 11 y a, d'ailleurs, un autre obstacle, c'est l'impossibilité presque absolue d'imprimer aucun mot zend avec le caractère européen. M. Saint- Martin, qui, à l'Imprimerie royale, est très zélé pour faire fondre de nouveaux caractères, parait avoir tout à fait oublié le zend, dont cependant il parle tous les jours.

La grammaire pâlie, que je rédige, avance assez; elle pourra être complète dans trois ou quatre mois. Ce qui me retarde, c'est que je suis obligé de lire une grande quantité de textes afin de trouver des exemples. Cependant, ce travail ne doit pas être trop étendu, parce que ce qui no sera pas dit dans la grammaire

pâlie pourra être suppléé par le sanscrit avec assez de facilité. En même temps, et comme complément de ce travail, je m'occupe du dictionnaire pâli, que je fais pour mon utilité personnelle et que je publierai peut-être plus tard ^ . Tout cela me prend le peu de temps que me laisse la vie dissipée et oisive de Paris.

Il n'y a pas de nouvelles orientales ici. La Société asiatique ne fait rien, parce que l'état de ses finances ne lui permet pas les grandes entreprises. Si nous étions aussi riches qu'à Londres, certains travaux plus ou moins intéressants pourraient se publier. Mais le zèle des membres se sent de l'état des fonds, et je suis vraiment étonné de savoir ce qu'on pourra présenter à la séance de l'année prochaine. Nonobstant cet état critique, la Société vient, dans sa séance du mois de septembre, de décréter qu'une somme de mille francs serait appliquée à l'encouragement de l'entreprise de M. Freytag^; vous pouvez lui faire part de cette nouvelle, s'il ne la sait pas déjà hy some of the leading members. Mais je ne puis rien vous dire sur la manière dont on disposera de cette somme. Cela sera l'objet de la séance du mois d'octobre.

M. Olshausen, qui s'occupe beaucoup de zend, est de retour à Paris ; il m'a exprimé le regret de ne pas vous avoir pu rencontrer à Bonn. Si M. Bonar est encore dans votre ville, ayez l'extrême complaisance de me rappeler à son souvenir et de lui transmettre

1. La Grammaire pâlie n'a jamais été publiée, non plus que le Dictionnaire. Les matériaux de ces ouvrages presque achevés sont conservés à la Bibliothèque nationale, avec tous les papiers d'Eugène Burnouf donnés par sa veuve.

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