L'Académie, 'en 1705, ne
donne qne villettc, » irés piîtile vill.; ».
5. (irammairicn ilal.ion (1o81lGl7),i)rol'c:seur de langue toscane
VOLTAIRE
sn haraiigiio à l'Académie de la CniscaS fait tant valoir l'avantage o.\clui«ird'exi>ninerfor^é'//o,6'ort^//i?jo,en oubliant que nous avons des corbeilles et des corbillons.
Vous possédez, monsieur, des avantages bien plus réels, celui des inversions, celui de faire plus facilement cent bons vers en italien, que nous n'en pouvons faire dix en français. La raison de cette facilité, c'est que vous vous permettez ces hiatus, ces bàillemens de syllabes que nous proscrivons; c'est que tous vos mots, finissant en a, e, i, o, vous fournissent au moins vingt fois plus de rimes que nous n'en avons, et que, par-dessus cela, vous pouvez encore vous passer de rimes. Vous êtes moins asservis que nous à l'bémistiche et à la césure; vous dansez en liberté, et nous dansons avec nos chaînes.
Mais, croyez-moi, monsieur, ne reprochez à notre langue ni la rudesse, ni le défaut de prosodie, ni l'obscurité, ni la sécheresse. Vos traductions de quelques ouvrages français prouveraient le contraire. Lisez d'ailleurs tout ce que WM. d'Olivel et Dumarsais* ont composé sur la manière de bien parler notre langue; lisez M. Duclos; voyez avec combien de force, de clarté, d'énergie, et de grâce, s'expriment MM. Dalembert et Diderot. Quelles expressions pittoresques emploient souvent M. de Buffon et M. Ilelvétius, dans des ouvrages qui n'en paraissent pas toujours susceptibles'
Je finis celle lettre trop longue par une seule réflexion. Si le peuple a formé les langues, les grands hommes les perfectionnent par les bons livres ; et la première de toutes les langues est celle qui a le plus d'excellens ouvrages.
J'ai l'honneur d'être, monsieur, avec beaucoup d'estime pour vous et pour la langue italienne, etc.
à Florence, auteur d'un ouvrajçe iiitilulé : Délia lingua toscana, iihri IL
1. L' Académie de la Grusca fut loiidce au xvj» s. : ses n;j;lemen(.s furent anélés en 1587. Klle donna le pieniier Dictionnaire critique de
la langue italienne. Elle exi<«le encore aujourd'hui, reconstituée eu 1811 |tar .\ai»oiéon.
2. Duniarsais (167G-1756), grammairien , auteur du Traité des Truites. — DOIivet cf. y. 120, n.'l et p. IGO. — Duclos : cf. p. 409, n. 0,
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