ROME, ET SAINT-PIERRE
A Monsieur ob Nkciixt '.
J'aimerais mieux, je crois, vous faire quatre fois la description de tout le reste de l'Italie, qu'une seule fois celle de Rome. Elle est belle cette Rome, et, si belle que, ma foi, tout le reste me paraît peu de chose en comparaison. Quand je n'avais rien à faire dans les auberges, je me mettais en robe de chambre et en bonnet, et je vous écrivais à la hâte le farrago^ de tout ce qui m'avait précédemment passé par la tête ou devant les yeux. Aujourd'hui c'est un établissement fait, une vie réglée, où, le temps étant distribué, il n'est guère possible d'avoir de l'exactitude et assez de loisir pour vous envoyer comme ci-devant de gros volumes. Tout le que je puis faire, c'est d'être exact dans la correspondance, et de vous parler aux uns et aux autres, tantôt d'une chose, tantôt d'une autre, selon vos goûts dilTérens et selon qu'elles me reviendront dans l'idée. Après tout, que pourrais-je vous dire sur cette matière qui ne fut un rabâchage perpétuel? Cette ville a été tanl vue, tant décrite; il y a tant de plans, tant de figures, qu'il ne tient qu'à vous de
1. fcllc scri, pnraît-il, à en masquer au contraire l'irrépularité. -- Une visite au Louvre illustrerait celle lettre : voyez, (l;nis la jurande galerie du bord de l'eau, plusieurs Ubleaux qui montrent divers as-
pects de Vcoisc, le Grand Canal, la place Sainl-Marc.
2. H. de Ncuilly, conseiller au F'arlenient de Dijon, fut ensuite ambassadeur à Gènesj '