‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 153 sur 547 · Œuvre de Carlo Maderna (15o · texte numérisé non relu

Œuvre de Carlo Maderna (15o

lf,-29).

3. On y avait alors installé la douane. Le Panthéon, construit par Agrippa dans le ( lianip de Mars et

presque entièrement perdus, et d'en faire des copies en mosaïque, les plus belles qu'on ait jamais vues. S'il vous plaît, chaque tableau coûte quatre- vingt mille francs; ce qui devient moins surprenant quand, en les voyant travailler, on examine leur énorme grandeur, le temps nécessaire pour en faire un, et la matière qui y entre : ce sont des rhevilles de verre coloré par le moyen des métaux qu'on y mélange dans la usion.

Je ne vous dis rien de la colonnade au devant de l'église*, vous la connaissez ; mais vous n'avez pas vu jouer les deui fontaines à côté de l'obélisque. Figurez-vous deux feux d'artifice d'eau qui jouent toute l'année jour et nuit, sans interruption; je n'ai rien trouvé qui m'ait fait plus de plaisir. Tous les jours je vais leur faire une visite d'amitié, surtout quand le soleil donne dessus. En général, la plus belle partie de Rome, à mon gré, ce sont les fontaines; celle de la place Navone est, de tout ce que j'ai vu dans mou voyage, ce qui m'a le plus frappé. Le nombre de ces fontaines, qu'on trouve à chaque pas, et les fleuves entiers qui en sortent, sont plus agréables et plus étonnans encore que •es édifices, tout magnifiques qu'ils sont en général, surtout les anciens : le peu qui reste de ceux-ci, défiguré comme il l'est, est encore autant au-dessus des modernes pour la simplicité et la grandeur, que la république romaine était au-dessus de l'État de l'Église Enfin, pour vous dire en un mot ma pensée sur Rome, elle est quant au matériel, non seulement la plus belle ville du monde, mais hors de comparaison avec toute autre, même avec Paris, qui d'autre côté l'emporte infiniment pour tout ce qui se remue.

Les souverains qui, depuis Sixte V«, ont fait des choses immenses pour l'embellissement de la ville, n'ont rien fait pour la culture de la campagne, où l'on n'aperçoit, à la lettre, ni une seule maison ni un seul arbrisseau*. Le gou-

lonnes corinthiennes cannelées, lurmontées d'une excellente corniche >, de la Curia.

Page 1