I, — JEAN-BAPTISTE ROUSSEAU
A HAOEMOrSEI.LB DS Bar *.
Bruxelles, 13* juillet, dimanche (1738).
J'ai vu le dernier tome du pauvre Rousseau*. Il n'y a plus grand monde au logis, et il n'a presque plus vaillant du renard que la peau dans laquelle il mourra. Il m'a entretenu longtemps de ses dernières épiires^, d'il y 2 deux ans, et je lui ai prêté l'allention la plus flatteuse, sani que cela m'ait mérité des représailles quand il a été question de la Melromartie ', on ne peut louer plus sobrement qu'il a fait*; mais d'un tel payeur on en prend ce qu'on peut. II me vante extrêmement ces gens-ci, et préconise à tout venant le zèle et le bon esprit des habitans de cette ville, qui, dit-il, depuis l'archiduchesse" ju.squ'au plus petit, se sont intéressés chaudement à son état. Il ajoute que de braves gens ont été jusqu'à faire des vœux pour lui à une Notre Dame tenue pour très miraculeuse. Il est si peu vivant qu'il n'a pu me donner grande foi à cette bonne Vierge; mais comme il se croit mieux peut-être qu'il n'est, et qu'une
1. Marie-Thérèse Quenaudon, née k Bevigny, près de Bar-le-Diic, ce qui la fil nommer M"' de Bar par h marquise de Mimeure, dont elle était lectrice et demoiselle de compagnie; elle était veuve d'un bourgeois de Paris, quand elle épousa Piron en 1741, et mourut en 1751.
i. J.-B. Rousseau (1671-4741).
3. Parmi lesquelles était l'Êpitre à Tlialie, où il se prononçait contre la coitiédie larmoyante.
4. Piron a un amour-propre dt poêle, ce qui fait que l'amourpropre de Rousseau ou de Voltair* le blesse tant.