‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 427 sur 547 · BILLET D'EXCUSE · texte numérisé non relu

BILLET D'EXCUSE

k Catbkaui II.

Vienne. 1790.

Madame,

Je ne suis pas plus content que de raison de la lettre de Votre Majesté Impériale, sur une indiscrétion prétendue : ce reproche qu'elle me fait revient un peu trop souvent. Il ne faut pas bouder un homme qui n'a pas quatre cent mille hommes à lui envoyer pour s'expliquer.

Un jour un de nos très aimables roués, le baron d< Bezenval*, qui s'était enivré avec M. le duc d'Orléans* 1p père, mettait le feu à son escalier à Bagnolel'. Celui-ci voulut l'en empêcher: « Voilà ce que c'est que les princes.

1. Le baron de Besenval (1722- 1791), né à Soleure, entra au soivice de la France el devint lieule- Dant général. Il fut en prande !a- V8ur auprès de, Marip-Anloiuelte. Il 1 laissé des Mémoires.

2. Louis-Philippe d'Orli-.ins /17& 17SÔ;, |>èrc dft l'iiiliji|Hvi::ali(tf.

3. I*rè.< do Tanlin, ;• (', kiloinclres (lo Paris. (Vêlait d-iiH vo (■ltâU*au >|uc le duc d'Orléauft atail soo tliéàlre.

LETTRES DU DlX-HUlTlÈME SIÈCLE.

dit-il; ils sont toujours princes, on ne peut pas jouer iirfc eux. »

Mais moi, Madame, je n'ai rien brûlé; je me suis laissé ■lier, apparemment sans le savoir, au .plaisir de laisser admirer vos lettres par-dessus mon épaule.

Cependant, Madame, j'en suis désolé si cela déplaît à Votre Majesté Impériale^ Ce n'est pourtant pas au grand homme que je demande pardon, c'est à une grande impératrice : quelle épigramme! Votre Majesté me la pardonnera-t-elle? N'importe, je me suis vengé; et me voilà e icore à ses pieds avec tout mon fanatisme pour Catherine-le-Grand.

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