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roiniiK; rapitaini' i ' : »(.i.
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Uni.« XIII, à 0 kl! n.iit.
■i. A l'tfKtrémilé nord-oiii!t>l de la péninsule ibérique, sur la côte de Galice.
fi. Gros cordages qui vont du haut dos mAM aux flanci du vaisseau.
essuyâmes une tempête ailreuse. A minuit, un coup de mer enfonça les sabords de trois fenêtres de la grande chambre, et y jeta plus de vingt, barriques d'eau, A deux heures et demie du malin, nous entendîmes trois coups de tonnerre h deux minutes d'intervalle; le dernier fit le bruit d'un coup de canon de vingt-quatre tiré à portée de pistolet. Aussitôt nous sentîmes dans la grande chambre une forte odeur de soufre. Je montai en haut où l'on venait d'appeler tout l'équipage. Le grand màt était brisé en cinq ou six endroits, le mât de perroquet* avait été emporté; il ne restait plus qu'un tronçon du mât de hune qui pendait avec quelques agrès, accroché aux barres de hune. On examina 'partout, dans la crainte que le feu ne se fût communiqué au vaisseau, mais on n'aperçut aucune trace de noirceur ni même d'odeur dana les crevasses du grand mât où la foudre avait passé.
Le matin du 25, le vent devint si vicient que le peu de voiles nécessaires pour gouverner fut emporté. Nous restâmes vingt-quatre heures en travers, à sec, ballottés par une mer atfreuse ; le beau temps revint, et nous vînmes à bout de fortifier le grand mât. Enfin nous arrivâmes le 14 juillet, à rile-de-France, malgré le scorbut qui nous enleva neuf hommes, et mit tous les matelots, à l'exception de sept, hors de service. Les passagcn et les officiers faisaient la manœuvre.
C'est une observation digne de votre humanité, de représenter à ceux à qui il appaitient de réformer les abus, que la compagnie des Indes, pour épargner une relâche qui ne coûterait pas plus de mille écus, sacrifie la vie de quantité d'hommes qu'elle expose à une navigation de près de cinq mois sans aborder à aucune terre. Cette perte est si réelle
i. Le mât de per)-of/uel, qui siipporle l(î nuit de cncalois, est su|i|)orlfi Ini-moiiic par le; mdt de liiiiir, cl ci'lui-ci i(|ios(! sur lo baswnl. ..a /iinw i'>-t i ": |il:il(! -forme clalilli! :iu soiiumt ilii luisiriâl. — Voyi'K io récit de lu uiùiiiti lein-
pAle au tome I des Hannanics de la niiliire. Bernardin de Sairill'ioiii! ol. III! (;rjind pcinlre : il voit, cl il rend, hvim; la plus exaclo picciiioii, sans aucun luélanuo de slyle (iraloiic. Son niamiue d'idnca e»l ulur» une ijualité.
BEHNAUniN DE SAlNT-PlERnK. «il"
quriii: -e iiioiite, annéo cominuiio, à vingt liuimiM's par vaisseau qui nieuient du scoihut, et celte aiuiée-ci le Masiiac et la Paix en ont perdu plus de cent chacun, et ont, par là, manqué leur retour en Europe
J'ai fait un journal exact de ma navigation que je compte avoir le plaisir de vous communiquer un jour. Il paraît que l'inlenlion de la cour était de m'employer à relever rétablissement de Madagascar; mais celui qui en est chargé en ciief, et dont je vous ai parlé dans ma dernière, est un méchant homme, jaloux à l'excès, et qui a eu pour mot beaucoup de mauvaises façons. J'ai prié M. iMunas de m'employer ici, où d'ailleurs je suis attaché par ma conuuission.
J'ai été fort bien reçu de M. Dumas et de M. Poivre. En attendant qu'on m'emploie, je cherche à m'arranger ici où la vie est, à peu près, une fois plus coûteuse qu'à Paris. Une pension vaut cinquante écus par mois; une petite chambre sans meubles, dix écus. Je n'ai apporté ici ni pacotille ni argent; ce n'est donc qu'à force d'économie que je pourrai acquitter peu à peu mes engagemens, et surtout les derniers que j'ai contractés à Paris.
Adieu, mon cher ami; vitex heureux et portea-vous bien; pensez queUpiefois à moi, et faites-y songer ceux de mes amis que la fortune a dispersés çà et là. Je leur écris à tous, car j'ai de la peine à oublier ceux que j'ai une fois aimés; cela me jette environ dans vingt-quatre correspondances répandues dans toute l'Europe. Tout ce qui me semblera mériter quehjue observation sera recueilli, atin qu'un jour mes amis puissent jouir du seul bien qui soit en ma disposition.
Adieu, je vous embrasse dé tout mon cœur; uem'onliliex pas, et soyez sur du sincère alUiclicnienl avec loque! je sciai toute ma vie, Monsieur et ami.
\ulrL', L'IC,
Mes compliments à nos amis communs,
Au Porl-Louis, de l'Ile-de-France, ce 5 août 17C8.