‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 514 sur 547 · LA SITUATION EN · texte numérisé non relu

LA SITUATION EN

An uP.uz.

Paris, !« féTrier 1790.

Quant à nous je soutiens que nous sommes au moment le plus critique de la révolution, à celui où nous avons à nous défendre de Timpatience et de la lassitude de la nation et de nous-mêmes, et où l'on profite de notre pente aux émotions et à l'enthousiasme, pour faire de chaque événement, petit ou grand, le désir, l'occasion ou le prétendu besoin de renforcer le pouvoir exécutif par des moyens provisoires, c'est-à-dire de lui donner tous les instrumens nécessaires pour nous empêcher d'achever la Constitution. Or il valait beaucoup mieux ne pas b commencer que de la laisser où elle est, puisque rien n'en resterait alors que les maux particuliers qu'elle a faits. — M. de La Fayette* conspire pour le royalisme par galanterie; nos virtuoses conspirent pour le royalisme par corruption; nos démocrates conspirent pour le royalisme par leurs divisions et les petits tripotages de leurs intérêts particuliers. La guerre des élections, la guerre des contrebandiers, la guerre des impôts, la guerre de religion sont en germe dans vingt cantons du royaume. 11 a encore l'aplomb des grandes masses; mais il n'i que celui-là, et il est impossible de deviner quel sera le résultat de la crise qui conunence. Heureux dans toutes les chances, qui, ayant un tabernacle, peut en planter un ailleurs! Adieu, mon cher comte.

1 . Le marquis de La Favelle C175T- | l'avait surnommé Cromirrll-Gron" 1S34), s'était fait le défenseur che- di$son. Le désaccord d- ces deui valeresque de la reine. Miraheau ' hommes fui un malheur public

vETTHES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.

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