‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 69 sur 547 · LOUIS XIV ET SON SIECLE · texte numérisé non relu

LOUIS XIV ET SON SIECLE

A MILORD HeRVET*, GARDE DES SCEAUX d'AnGLBTERRI.

îe fais compliment à votre nation, milord, sur la prise' de Porto-Bello', et sur votre place de garde des sceaux. Vous voilà fixé en Angleterre : c'est une raison pour moi d'y voyager encore. Je vous répons bien que, si certain procès est gagné', vous verrez arriver à Londres une petite compagnie choisie de Newtoniens* à qui le pouvoir de votre attraction, et celui de milady Hervey, feront passer la mer. Ne jugez point, je vous prie, de mon Essai sur le siècle de Louis XIV par les deux chapitres imprimés en Hollande avec tant de fautes qui rendent mon ouvrage inintelligible s. Si la traduction anglaise est faite sur cette copie informe, le traducteur est digne de faire une version de V Apocalypse; mais surtout soyez un peu moins fâché contre moi de ce que j'appelle le siècle dernier le siècle de Louis\IV. Je sais bien que Louis XIV n'a pas eu l'honneur d'être le maître ni le bienfaiteur d'un Boyle«,d'un Newton, d'un lialiey', d'un Addison, d'un Dryden ; mais dans le siècle qu'on nomme

i. Poète, philosophe, courtisan et homme d'État, Milord Hervey a laissé des Mémoires intéressants.

Page 1