‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 74 sur 547 · Cf. p. 50-2, D. 3. I M»* dta ChfarlL'i · texte numérisé non relu

Cf. p. 50-2, D. 3. I M»* dta ChfarlL'i

heureux dans ses transitions; il ne s'élève, mais il ne tombe guère. Ses sujets ne comportent pas cette élévatioîi dont ceux que vous traitez sont susceptibles*. Vous avez senti votre talent, comme il a senti le sien. Vous êtes philo sophe, vous voyez tout eh grand ; votre pinceau est fort et hardi. La nature en tout cela vous a mis, je vous le dis avec la plus grande sincérité, fort au-dessus de Despréaux; mais ces talens-là, quelque grands qu'ils soient, ne seront rien sans les siens. Vous avez d'autant plus besoin de son exactitude, que la grandeur de vos idées souffre moins la gène et l'esclavage. Il ne vous coûte point de penser, mais il coûte infiniment d'écrire. Je vous prêcherai donc éternellement cet art d'écrire que Despréaux a si bien connu et si bien enseigné, ce respect pour la langue, cette liaison, cette suite d'idées, cet air aisé avec lequel il conduit son lecteur, ce naturel qui est le fruit de l'art, et cette apparence de facilité qu'on ne doit qu'au travail. Un mot mis hors de sa place gâte la plus belle pensée. Les idées de Boileau, je l'avoue encore, ne sont jamais grandes, mais elles ne sont jamais défigurées; enfin, pour être au-dessus de lui, il fauf commencer par écrire aussi nettement et aussi correctemenl que lui.

Votre danse haute ne doit pas se permettre un faux pas il n'en fait point dans ses petits menuets. Vous êtes brillant de pierreries; son habit est simple, mais bien fait. Il faut ^ue vos diamans soient bien mis en ordre, sans quoi vous auriez un air gêné avec le diadème en tête. Envoyez-moi donc, mon cher ami, quelque chose d'aussi bien travaillé que vous imaginez noblement; ne dédaignez point tout à b fois d'être possesseur de la mine et ouvrier de l'or qu'elltf produit. Vous sentez combien, en vous parlant ainsi, je m'intéresse à votre gloire et à celle des arts. Mon aniili* pour vous a redoublé encore à votre dernier voyage, .l'ai bien la miiîe de ne plus faire de vers. Je ne veux plus aimei

i. 11 traitait, des sujets iiliiloso- 1 Bonheur , tn »\x chant», qui no lu4 phifiuos. comme dans ce uoème du | ini|ii inié qu'après sa mort.

VOLTAIRE. 115

que les vôtres. Mme du Ghâtelef, qui vous a écrit, vous fai» mille complimens. Adieu; je vous aimerai t(»ute ma vii\

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