Les Annales de l'Empire, composées en un an i la demande
de la duchesse de Snxe-Gotha, pa> Furent à Bàle en 1752 (1" Toi.) .-i 1754 (2* vol.).
magne en miniature n'est pas faite pour plaire à une imagination française telle que la vôtre.
Je vais aux eaux de Plombières, non que j'espère y trouver la santé, à laquelle je renonce, mais parce que mes amis* y vont. J'ai resté six mois entiers à Colmar sans sortir de ma chambre, et je crois que j'en ferai autant à Paris, si vous n'y êtes pas.
Je me suis aperçu, à la longue, que tout ce qu'on dit et tout ce qu'on fait ne vaut pas la peine de sortir de chez soi. La maladie ne laisse pas d'avoir de grands avantages; elle délivre de la société. Pour vous, madame, ce n'est pas de même; la société vous est nécessaire comme un violon à Guignon^, parce qu'il est le roi du violon.
Je vous écris rarement, madame, quoique, après le plaisir de Ure vos lettres, celui d'y répondre soit le plus grand pour moi; mais je suis enfoncé dans des travaux pénibles^, qui partagent mon temps avec la colique. Je n'ai point de temps à moi, car je souffre et je travaille sans cesse. Cela fait une vie pleine, pas tout à fait heureuse; mais où est le bonheur? Je n'en sais rien, madame, c'est un beau problème à résoudre.