C'est le grand ami de M"' du Deffand : cl p. 384, n
5ge et mes maladies ne me permettent pas d'écrire de ma main. \'ous aurez donc mes remercîmens dans ma langue.
Je viens délire la préface de yoire Histoire de Richard III, elle me paraît trop courte. Quand on a si visiblement raison, et qu'on joint à ses connaissances une philosophie si ferme et un style si mâle, je voudrais qu'on me parlât plus longtemps. Votre père était un grand ministre et un bon orateur, mais je doute qu'il eût pu écrire comme vous. Vous ne pouvez pas dire : Quia pater major me est^.
J'ai toujours pensé comme vous, monsieur, qu'il faut se défier de toutes les histoires anciennes. Fontenelle, le seul homme du siècle de Louis XIV qui fût à la fois poète, philosophe, et savant, disait qu'elles étaient des fables convenues ; et il faut avouer que RoUin a trop compilé de chimères et de contradictions.
Après avoir lu la préface de votre histoire, j'ai lu celle de votre roman*. Vous vous y moquez un peu de moi : les Français entendent raillerie; mais je vais vous répondre sérieusement.
Vous avez presque fait accroire à votre nation que je méprise Shakspeare. Je suis le premier qui aie fait connaître Shakspeare aux Français ' ; j'en traduisis des passages, il y a quarante ans, ainsi que de Milton, de Waller, de Rochester, de Dryden, et de Pope. Je peux vous assurer qu'avant moi personne en France ne connaissait la poésie anglaise; à peine avait-on entendu parler de Locke. J'ai été persécuté pendant trente ans par une nuée de fanatiques, pour avoir dit que Locke est l'Hercule de la métaphysique, qui a posé les bornes de l'esprit humain*.
1. Év. de saint Jean, XIV, 28. — Horace était le troisième fils de Robert Walpole (1676-1755), qui fut non pas un grand, mais un habile ministre, le plus adroit qu'on ait \u à marchander les consciences.