‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 173 sur 558 · La banque de Law · texte numérisé non relu

La banque de Law

endroit d'Italie. Il est fort aisé ici aux étrangers de se répandre dans la société et d'être bienvenus partout ; et es Romains entre eux commencent à se mettre sur le pied de la vie familière et à manger ensemble comme en France. Vous voudriez bien, à cause de M. Thomas, qui aime les bocages, savoir un mot des vignes de Rome et de Frascati; je vous dirai seulement là-dessus que les Italiens les estiment trop, et les- Français trop peu. Quoique nous soyons autant au-dessus d'eux pour les jardins qu'ils nous surpassent pour les édifices, c'est toujours un agrément que je ne vois nulle part ailleurs, que d'avoir en hiver des arbres toujours verts et feuilles, et en été les eaux les plus belles et les plus claires qu'il soit possible de voir. On estime fort les vues de ces Heux, mais elles ne me plaisent guère, car qu'est-ce que la vue d'une plaine étendue, mais aride et déserte? J'en dis autant des maisons; elles sont recouvertes de bas-reliefs antiques de fond en comble, mais il n'y a point de chambres à coucher. Pour des statues admirables, vous en trouverez là tant que vous voudrez. On vient de découvrir deux centaures égyptiens qui ne le cèdent en rien à ce que Rome avait de plus beau, et un pavé entier de mosaïque antique d'une salle d'Adrien*. Le pape ramasse tout ce qu'il peut en monumens et en forme un musée, au Capitole, qui n'est guère moins considérable que celui du grand-duc*, et qui serait aussi beau, s'il avait le même arrangement. Adieu, mon cher objet, mille compliniens à Maleteste, Chevigny, Bevy, Montot et sa petite dame:?, etc.

1. 'Sur la villa d'Hadrien, à Tibur, dont les ruines couvrent plusieurs kilomètres, voyez la vivante description de de M. Boissier, dans ses premières Promenades Archéologiques (p. 179-199).

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