‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 221 sur 558 · Celte lettre est donc de · texte numérisé non relu

Celte lettre est donc de

Je ne sais ce que Naigeon reprochait à Voltaire. Peut-être celte lettre doit-elle se rattacher à une courte polémique qui s'éleva entre Voltaire et les athées dont la hardiesse l'effrayait. Voltaire avait plusieurs fois combattu et critiqué ie livre de d'Holbach : Le Roy (l'ami de Diderot, cf. p. 255, n. 1) qui

y avait eu part, pu])lia en 1772 des Réflexions sur la jalousie, que Voltaire attribua un moment à Diderot, et auxquelles il répondit par sa Lettre sur un écrit anonyme. Une phrase de ce pamphlet vise l'auteur de Système de la nature (d'Holbach; cl ses trois fauteurs qui ne peuvent être que Diderot, Le Roy, et Naigeon. H se peut que ISaigeon ait eu l'idée d'intervenir dans le débat et de venger l'alliéismc et les athées de»

atta(|ues de Voltaire. La nature des reproches c|uc lui fait INaigcon, identiques à ceux de Le Roy, semble justifier cette hypothè««.

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fange, jusqu'à ce qu'il disparaisse ! Ah ! monsieur, ce n'est pas là votre dernier mot.

Un jour, cet homme sera bien grand, et ses détracteurs bien petits.

Pour moi, si j'avais l'éponge qui pût le nettoyer, j'irais bien lui tendre la main, je le tirerais de son bourbier et le nettoierais. J'en userais à son égard comme l'antiquaire avec un bronze souillé. Je le décrasserais avec le plus grand ménagement pour la délicatesse du travail et des lormes précieuses. Je lui restituerais son éclat, et je l'exposerais pur à votre admiration.

Bonjour, nous penserons diversement, mais nous ne nous III aimerons pas moins.

E facera ogn'uno al suo senno *.

La Correspondance de Jean-Jacques Rousseau, bien que considérable, n'ajoute pas grand'chose à l'idée que nous en avons. Elle sert à fixer certains points de sa biographie '; elle fournit quelques-unes des plus belles pages.qu'il ait écrites. Mais Rousseau est tout entier dans ses fameux chefs-d'œuvre, les Confessions, l'Emile^ la Nouvelle Héloïse^ le Contrat social : aucun trait de son caractère, aucune quaUté de son génie n'y reste dans l'ombre, et l'on n'a jamais besoin de recouru* à la Correspondance poulies mettre en lumière. C'est que d'abord Rousseau est, comme l'a dit si justement M. Brunetiére, un lyrique, le maître et le premier de nos lyriques modernes : tous ses écrits, qu'il s'agisse de philosophie, de morale, d'éducation, de politique, ses systèmes, ses raisonnements, ses récits, ne sont au fond que ses états d'âme qu'il décrit. Toutes ses idées sont des sensations, des passions.,

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