LA FIN DE MADAME DE STAAL
A Monsieur d'IIéricourt*.
A Paris, le 18 janvier 1749.
J'aurais répondu plus tôt à votre lettre. Monsieur, car j'avais grande envie de vous dire quelque chose : mais un rhume avec crachement de sang m'a obligée de me faire saigner, et cela a mis ma vue si bas, qu'il ne m'en reste que pour me conduire, et si mal, que je me heurte de tous côtés. Vous me conseillez de me servir de secrétaire, je n'ai pas cet esprit-là ; je ne sais que dire quand je n'ai pas la plume dans la main, et même avec ce secours, je ne vous dirai rien qui vaille. Je baisse de tout point : mais mon jugement est encore assez sain pour que je m'en aperçoive, et c'est sans aucun chagrin. Je me trouve fort bien d'être
il. Cf. p. 4, note 1.