‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 348 sur 558 · Kn KHtelé Bcrail plus juste · texte numérisé non relu

Kn KHtelé Bcrail plus juste

1. [Défaut de correspondance dans les temps des verbes. — Galiani confond ici \'incommodtl^,Gt Vinsécuî'ilé, Jeux choses bien différentes, et qui du reste n'ont pas toujours fnil«bandonn9rle«8p«c».aolfSj

l'urquoi il faut dans tout poème dramatique, épique, etc., que la versification soit heureuse, le langage naturel, la (iiction pure. Tout mauvais vers, obscur, entortillé, est un vent coulis dans une loge. Il fait souffrir le spectateur, et alors le plaisir de la curiosité cesse tout à fait. Or donc Lucrèce n'a pas tort tout à fait*. Quoi qu'il n'y ait pas un vrai retour sur soi-même, ni un développement de la sensation de notre bonheur, lorsque la curiosité commence en nous, il est très vrai que, par instinct, elle ne saurait s'exciter sans ce préalable. Ainsi la curiosité est une suite constante de l'oisiveté, de repos, de la sûreté; plus une nation est heureuse, plus elle est curieuse. (Voilà pourquoi Paris est la capitale delà curiosité; Lisbonne, Naples, Constantinople en ont moins, ou presque point.) Un peuple curieux* est un grand éloge pour son gouvernement.

Une autre réflexion qu'aurait dû faire Voltaire sur la curiosité, qui' est très intéressante, c'est qu'elle est une sensation particulière à l'homme*, unique en lui, qui ne lui est commune avec aucun autre animal. Les animaux n'en ont même pas l'idée. Faites devant un troupeau de brebis tout ce que vous voudrez, si vous ne les touchez pas, vous ne les intéresserez jamais. Si les bêtes donnent quelque signe qui vous paraisse de la curiosité, c'est l'épouvante qu'elles prennent, et rien autre. On peut épouvanter les bêtes, on ne saurait jamais les rendre curieuses. Et selon ce que je viens de dire, l'épouvante est le contre-pied de la curiosité. Si la curiosité est impossible aux bêtes, l'homme

I Voltaire, ayant cité les yers de lèce : suave mari magno, etc., tuiiiinu;iit ainsi : « Pardon, Lucrèce, je soupçonne que vous vous trompez ici en morale, comme vous ▼DUS trompez toujours en physique.

C'est, à mon avis, la curiosité seule qui fait courir sur le rivage pour voir un vaisseau que la tempête va •uhmerger. Cela m'est arrivé: et je vous jure que mon plaisir, mêlé d'inquiétude et de malaise, n'était

point du tout le fruit d'une rétlcxion; il ne venait point d'une comparaison secrète entre ma sécurité et le danger de ces infortunés; j'étais curieux et scnsiltic. »

2 Tournure latine : Le fait qu'un peuple est curieux est une grande chose.

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