Ce sont deux vers de Mérope
marchons vers Leipzig, où je compte être le 51, où j'espêro que nous nous battrons, et d'où vous recevrez de nos noih velles, telles que les événemens les produiront. Adieu, mon cher marquis, ne m'oubliez pas, et soyez assuré de mon estime.
A Madame de Gamas*.
Neustadt, 18 novembre 1760.
Je suis exact à vous répondre et empressé à vous satisfaire; vous aurez un déjeuner, ma bonne maman, de six tasses à café bien jolies, bien diaprées, et accompagnées de tous les petits enjolivemens qui en relèvent le prix. Quelques pièces que l'on y ajoute en retarderont l'envoi de quelques jours; mais je me flatte que ce délai contribuera à votre satisfaction, en vous procurant un joujou qui, en vous plaisant, vous fera souvenir de votre vieil adorateur.
Il est singulier comme l'âge se rencontre. Depuis quatre ans j'ai renoncé aux soupers, comme incompatibles avec le métier que je suis obligé de faire; et, les jours de marche, mon dîner consiste dans une tasse de chocolat.
Nous avons couru comme des fous, tout enflés de notre victoire', essayer si nous pourrions chasser les Autrichiens de Dresde; ils se sont moqués de nous du haut de leurs montagnes; je suis revenu sur mes pas, comme un petit garçon, me cacher de dépit dans un des plus maudits villages de la Saxe. A présent il faut chasser de Freyberg et de Chemnitz MM. les cercles', pour avoir de quoi vivre et nous placer. C'est, je vous jure, une chienne de vie que,
1. M** de Camas, veuve du colonel de Camas, grande gouvernante de U Reine, mourut en 1768, âgée de 80 ans. Elle plaisait au roi, comme il le dit lui-même, « tant par son mérite, ses grandes «{ita-
lités, que par l'air de dignité et de décence qu'elle entretenait i la cour. »