MADAME DE SIMIANE
ji' ne l'ai point trouvée : cependant un lecteur intelligent et attentif remédie à tout cela et y trouve du sens de reste pour s'en contenter.
Comme ces lettres n'étaient écrites que pour ces deux aimables personnes, elles ne déguisaient par aucun chiffre ni par aucun nom emprunté ce qu'elles voulaient s'apprendre: et comme elles ne trouvaient dans toutes les actions du Roi que de la grandeur et de la justice, elles en. parlaient sans crainte que leurs lettres fussent interceptées.
Quoique le style de ces lettres soit d'un tour aisé, naturel et simple en apparence, il ne laisse pas d'être assez figuré pour exiger du lecteur bien de l'attention pour le suivre et pour l'entendre.
Ces lettres sont d'ailleurs remplies de préceptes et de raisonnemens si justes et sensés, avec tant d'art et d'agrément, que leur lecture ne peut être que très-utile aux jeunes persormes et à tout le monde.
Tout ce qu'il ne m'est pas permis de vous envoyer, mon cher cousin, et qui doit rester sous le secret parce qu'il est trop mêlé d'affaires de famille, est pour le moins aussi beau que ce que je vous envoie, et j'y ai bien du regret. Cependant voici cent trente-sept lettres que je vous ai triées, et dont j'espère que la lecture vous donnera bien du plaisir ; en ce cas, je plaindrai* si peu les veilles que j'y ai employées, que je continuerai à vous en chercher d'autres*. Mais si j'étais assez heureuse pour y pouvoir joindre les réponses de ma mère, n'en seriez-vous . pas bien content, mon cher cousin, et croyez-vous après cela qu'il y eût rien à désirer?
1. Plaindre avait autrefois le sens de regretter, et de là par extension épargner, ménager.
t. Elles sont perdues aujourd'hui.
Le chevalier de Perrin, dans son édition de 1754. accuse M"' de Simiane de les avoir détruites ell«> même on 1704.