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5. « Voy. l'Eloge de la paresse, 1708 (Note de M. Preuss). — D'Arf^cns fut aussi t)leâ&é d'avoir été trailé de tournoi» duDS une (^pilie
LE MARQUIS D'ARGENS
de cette postérité, si Plutarque*, qui fut, pour ainsi dire, le compagnon de philosophie de Marc-Aurèle, avait été obHgé, pour se mettre à 1 abri des plaisanteries' dures et des mépris humilians de cet empereur, de vendre ses vaisselles et les bijoux de sa femme, seuls et uniques secours qui lui restaient, pour aller vivre tranquillement au pied des Alpes, s'estimant heureux de ne plus entendre des propos dont quelques-uns même révoltaient l'humanité, comme celui de proposer à Plutarque de marier à son chien une fille remplie de talens qu'il élevait comme la sienne, et celui encore d'envoyer des palefreniers pour le frotter et le guérir de ses rhumatismes. Le philosophe de Sans-Souci pense-t-il qu'on pourrait accuser Plutarque d'avoir eu tort de quitter Marc-Aurèle, parce qu'il lui avait donné dans son palais trois chambres dorées dont ce philosophe ne sortait qu'en tremblant, et n'y rentrait presque jamais sans avoir le cœur accablé de douleur par les dures plaisanteries dont il avait été accablé? N'est-ce pas là le lieu d'appliquer ces vers de La Fontaine :
Je sors d'ici, dit le stoïque-, Et je vais m'enfermer chez moi ; J'aime bien mieux mon toit rustique Que les plus beaux palais d'un roi.
Là rien ne vient m'interrompre ; Je mange, je dors à loisir.
Je méprise tout plaisir Que la crainte peut corrompre.
Au reste tout ceci soit dit sans rancune de la part du philosophe de Sans- Souci; l'étude de la sagesse calme les raouvemens de l'âme, et lui fait apercevoir la vérité. « Les neiges, dit Pétrone ' qui vaut bien les philosophes de ce
1. Plularque eut la faveur de Trajan et fit l'éducation d'Aorien.
Il était mort depuis plus de vingt ans, quand Marc-Aurèle succéda à Antooin.
2. Imitation des deux derniers quatrains de la fable de La Fontaine. Le Rat de ville et le Hat de»
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