‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 410 sur 558 · Au chapitre 99 duSalyncoa · texte numérisé non relu

Au chapitre 99 duSalyncoa

temps, subsistent longtemps, sur les terres pierreuses et incultes; mais la moindre pluie les fond dans un moment sur celles (jui sont cultivées. Il en est de même de la colère; elle s'entretient dans un cœur brutal, et se dissipe facilement nhez ceux qui ont appris à la modérer par la vertu. ))

J'ai pensé. Sire, pouvoir proposer (juelques questions au philosophe de Sans-Souci sans blesser le profond respect que j'aurai toujours pour le roi de Prusse; et, toutes les fois que ce grand pnnce voudra me mettre à l'abri des duretés du philosophe de Sans-souci, de même que, pour ne pas essuyer des plaisanteries humiliantes, je me suis défait de ce que j'avais de plus précieux, je saurai bien, pour montrer mon respect et mon admiration pour le roi de Prusse, engager une année d'avance de mes revenus pour me trcinsporter des rives de la Durance sur celles de la IlaveP. Ce que je dis ici n'a rapport à aucune veine d'intérêt; je suis aussi riche en Provence, où le vin me coûte un demi gros la bouteille, la viande un gros, où le soleil, à trois semaines près, chaulle mes appartemens, dont le loyer ne me coûte rien, qu'à Postdam avec une pension à laquelle j'ajoute la mienne toutes les années. Ce philosophe de Sans-Souci s'est toujours figuré que je ne j)0uvais vivre sans ses bienfaits. Assurément je n'aurais pu le faire à Potsdam, mais sans aucun embarras chez moi, et sans avoir besoin de faire gémir la presse des libraires, comme ou le dit dans une épitre dédicatoire' qui a été réimprimée à Francfort, ainsi que le Mandement l'a été à Strasbourg, au grand scandale de tous les philosophes. J'ai l'honneur, etc.

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