GUSTAVE III
ici*. Vous ne devez point être surprise de mon peu d'exactitude à vous répondre, tout ce temps. Mais des inquiétudes trop bien fondées ne m'ont pas donné de momens où je fusse bien à moi. J'ai été obligé, pour ma propre conservation, et pour celle de mon peuple, de porter un coup aussi hardi qu'heureux. Je me suis saisi du timon de l'État et j'ai été absolu pendant deux jours. Je viens de remettre cette puissance entre les mains des États, ou, pour mieux dire, je ne garderai que la puissance de faire le bien et d'empêcher la licence. Une loi stable, que j'ai écrite-, contient l'autorité du roi, sans atteindre la domination du peuple, telle que nos anciennes lois la portaient, et telle que la Suède a été sous Gustave I""» et sous Gustave-Adolphe*. Il était temps. Les attentats les plus criminels contre ma personne, les plus odieux contre ma famille, allaient se commettre"*. Sans ce que j'ai fait, deux heures plus tard, ■■ ma liberté était perdue, et ma vie dans le plus vicient danger. Dieu qui a vu mon cœur m'a soutenu. J'ai trouvé dans mon peuple un attachement et un courage sans exemple. Il n'y a eu aucun cheveu de touché, et personne n'a été ni ne sera malheureux. Jamais révolution ne s'est passée plus doucement et plus tranquillement que celle-ci.
1. Il venait de ressaisir l'aulorité absolue par le coup d'État du i9 août. Sachant les sentiments de M'* d'Egmont, il essayait de la convertir à cette révolution, que le patriotisme du moins et la véritable raison du salut public jusUfiaient.
On le vit par le dépit qu'en témoignèrent Frédéric II et Catherine II.
2. Il avait trois constitutions en poche, pour régler le libéralisme du régime nouveau sur les dispositions de l'Assemblée. Il n'eut pas
besoin de prendre la plus libérale :
tout fut à ses pieds.
3. Gustave I ou Gustave Yasa (1490-1560) affranchit la Suède du joug Danois et rendit la royauté héréditaire dans sa famille.
4. Gustave II, ou Gustave-Adolphe (1594-1632), le grand capitaine et le héros de la guerre de Trente ans.
5. Les États soupçonnaient en effet ses desseins et prenaient des mesures pour s'assurer de sa })crsonne.
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Né dans la Pomèranle suetfofse, comme le service de Suède hn offrait pou d'espérances d'avancement, Sledingk obtint un grad au r.oyal-Sui'dois, qui teiuiil garnison à Strasbourg. Parmi ton. ceux <ie SCS compatriotes qui étaient en France, Stedingk lui avec le beau Fersen le mieux accueilli de la société et des souve rains. Devenu lieutenant-colonel, il Ut la campagne d'Amériqi:> et se distingua sous les ordres du comte d'Estaing.
Populaire i Paris pour une blessure qu'il reçut h la prise d la Grenade, fôté à Versailles, admis aux petits soupers de la reini qui voulut le marier, il fn' ^on pays par la gtien
qui éclata en 1787 entre 1 1 le. Il se montra liabi
et énergique dans la défense «jr i.i r im nuie, et fut après la pin ambassadeur en Ilussie. Comme Fersen, il ganla ius(|uau br»
un attacbement cbev ' ■•■ • !^ Louis XVI et à Marie-Antoiri' "•
le roi et la reine tr« 2 ces étrangers un dévon
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qu'ils avaient ntiili! |iii ne surent pas leur
lier une passion ni u:; , . ^ ., ingk aimait la France 1
une autre patrie : la plus grande douleur que lui infligea la Hcv. lution fui la perte du trrad.' Muil avait acquis dans Inrrnée frni çaise. Le temps n'ell^ sentiments el, «piand il revint
Paris en 1814 comtri' f leur auprès de Louis XVIII, ce ii
fut pas en étranger qu il y rentra, mais en exilé qui revoit api un quart de siècle une patrie toujoiu-s chère.
Au reste, il fut des nôtres par l'esprit comme par le cœur : < Poméranien parlait et écrivait notre langue en perfection, av la plus spirituelle aisance, et, de Versailles ou de Pétersbourg, envoyait à son maître des lettres dont la vivacité piquante et grâce légère eussent pu servir de modèle h nos courtisans frai> çais.