Catherine
2. Joseph II, qui vint visiter l'impératrice au cours de son voyage.
o. Les États-Unis, dontleroid'Angleterre avait reconnu l'indépendance.
L La convocation des États généraux n'avait pas été faite encore; on la voyait iraminente. Il se peut
aussi que Joseph II fasse allusion i l'assemblée des notables de 1787, dont les courtisans jugèrent la réunion contraire aux principes de la monarchie absolue, et qui leur parut un abrégé d'États-Généraux 5. Gustave 111 avait visité ''Italie avant de venir à Paris pour la «•conde fois en 178i.
556 LETTRES DU DÏX-IIUITIÈME SIÈCLE.
« Oui, sans doute, leur dis-je en le défendant, puisque les boutés qu'il m'a témoignées, et un grand caractère que je lui ai vu déployer, m'attachent à lui : Votre Majesté devrait bien empêcher un bbelle affreux dans lequel on ose traiter comme un Don Quichotte un prince bon, aimable et doué de génie. »
Leurs Majestés Impériales se tâtaient quelquefois sur les pauvres diables de Turcs. On jetait quelques propos en se regardant. Comme amateur de la belle antiquité et d'un peu de nouveautés, je parlais de rétablir les Grecs; Catiierine, de faire renaître les Lycurgues et les Suions. Moi je parlais d'Alcibiade; mais Joseph II, qui était plus pour l'avenir que pour le passé, et pour le positif que pour la chimère, disait : « Que diable faire de Constantinople?* »
On prenait comme cela bien des îles et des provinces, sans faire semblant de rien, et je disais, en moi-môme : « Vos Majestés ne prendront que des misères, et la misère. »
Il y a ici plusieurs sectes de Dervis, plus plaisantes les unes que les autres, les tourneurs et les hurleurs : ce sont des jansénistes plus fous encore que les anciens convulsionnaires : ils crient allah jusqu'à ce qu'épuisés de forces, ils tombent à terre, dans l'espérance de ne s'en relever que pour entrer dans le ciel*. Je laissai là, i)Our quelques jours, la cour dans les plaisirs, et montai et descendis le Tczetterdan, au risque de la vie, en suivant le lit raboteux des torrens, au lieu de chemins que je n'ai pas trouvés. J'avais besoin de reposer mon esprit, ma langue, moreilles et mes yeux de l'éclat des illuminations : elles lui lent pendant la nuit avec le soleil, qui n'est que trop sur notre tête tout le jour. Il n'y a que vous, chère marquise qui sachiez être brillante sans fatiguer* : je n'accorde ce don à personne autre qu'à vous, pas même aux astres.
i. La question se pose encore. I toujours dans la mosquée de Ba- 2. Les choses n'ont pas changé, khchisaraï. et les derviches hurleurs hurlent | 5. Fade madrigal.
LE PRINCE DE LIGNE