LE CHEVALIER DE LISLE
Ce chevalier, qui ne l'ctait que pour se distinguer de l'ahhé, lut capitaine de dragons, puis brigadier de cavalerie en 1702. Il était moins fait pour la guerre que pour la société. Très accueilli chez les Choiseul et les Polignac, goûte de Mme du Delfand et de Voltaire, il fut lié surtout avec le prince de Ligne, qui aimait à l'avoir pour compagnon de voyage, et qui l'a fort bien dépeint en quelque endroit de ses œuvres.
« C'était le Dieu du couplet et du style épistolaire. Il n'a jainai fait un mauvais vers ni écrit une lettre qui ne fût piquante et remplie de goût; mais il n'en avait pas, ni de ton, ni de tact, dans la société, où il était humoriste et familier. Pour faire croire qu'il dînait avec la reine, le dimanche, chez les Polignac, il y arrivait le premier au sortir de table, pour que les autres qui venaient ensuite, dussent le croire. »
Le mérite de cet homme est des plus minces. Il exclut toute idée sérieuse, tout sentiment vif et profond. De Lisle n'a en lui-
1. Histoire d'une grande dame au XVIll' siècle, ta princesse Hélène de Ligne, par L. Perey (Calmatm Lévy, iu-8, 1SS9), p. HGO et
»uiv. — Voyez sur «le Liste le* deux articles de M. V. Du Bled dan»
la Revue des Deux Mondes, 15 août et 15 septembre 1890.