Œuvre» complètes. Fume, | He mes notes. La correspondance
1855, gr. in-8. Je n'en ai tiré aue la lettre n* 2. Les autres ont été extraites de l'ouvrage de M. de Loménie, Beaumarchais et son temps (1856, 2 vol. in-8), auquel je suis 1res redevable aussi pour beaucou;j
de Beaumarchais est loin d'avoir été publiée tout entière. M. Lintilliac a complété le livre de M. de Loinénie dans son ouvrage récent, si plein de détails nouveaux, mais beaucoup de lettres sont encore incdilcl.
Trages qui lui ont été consacrés. Et je ne sais si la meilleure réhabilitation — on l'a tant de fois tentée et jamais avec un plein succès — ne serait pas pour lui la publication intégrale et complète de ses lettres intimes, échappées dans le feu des affaires et d'une absolue sincérité. Car, avec cet esprit dont Voltaire était jîiloux et qui le séduisait pourtant, avec cette imagination étourdissante qui débordait dans toutes les paroles et dans tous les actes de Beaumarchais, on ne manquerait pas d'y apercevoir toutes les qualités qui, sans composer la haute et sérieuse moralité, en peuvent cependant atténuer et faire pardonner l'absence : cet homme d'argent ne tint jamais à l'argent; il le donna comme il le gagnait ; il eut une vraie bonté, une sensibilité qui ne s'évaporait point en phrases et en larmes, et qui du cœur descendait à la bourse, un fond de simpUcité native et de générosité loyale, qui fit que ce brasseur d'affaires, ce maître en intrigues gâta toujours ses entreprises par trop de bonhomie et de confiance. La vraie justification de de Beaumarchais est là. Ce fut un aventuner honnête, qui ne regarda pas de très près aux moyens, mais qui ne poursuivait que le bien ou ce que son imagination lui représentait comme tel. Ce fut un faiseur de génie, qui, dans tbus les scandales où il fut mêlé, ne parut jamais que comme dupe. Il avait bien vu lui-môme que c'était là ce qui le relevait : aussi l'a-l-il dit dans ses derniers jours, quand il revoyait toute sa vie si étrangement accidentée. Et cet éloge qu'il se donnait en écrivant à Talleyrand — non le plus grand peut-être qu'on puisse lui donner, mais le plus propre à son personnage et le plus nécessaire à sa réputation, — Fontanes, juge impartial, et qui l'avait connu, le lui a confirmé expressément.