A PROPOS DE L'INTERDICTION DU MARIAGE DE FIGARO
An LIEUTENANT OE POLICE^.
27 novembre 1783.
Monsieur,
Si la multitude de vos occupations vous permettait de vous rappeler que j'en ai beaucoup moi-même, et que depuis trois mois j'ai l'ait cinquante fois le chemin du Marais à votre hôtel sans avoir pu vous parler plus de cinq fois, pour obtenir la chose la plus simple, — une décision sur un ouvrage frivole, — vous auriez peut-être compassion du rôle pitoyable qu'on me force à jouer dans cette comédie. Si ce sont des dégoûts qu'on vous prie de me donner, je les ai bus jusqu'à la lie; s'il s'agit d'une proscription absolue de tout ce qui sort de ma plume, pourquoi me faire attendre cet arrêt et me refuser tout moyen de savoir à quoi m'en tenir? Je vous supplie. Monsieur, de vouloir bien me remettre mon manuscrit; cette bagatelle n'est devenue importante pour moi que par l'acharnement qu'on a eu de m'en faire un tort public, sans vouloir permettre que le public en jugeât lui-même.
1. C'est un mot de Louis XV au même comte de Lauraguais, qui, revenant d'Angleterre, disaity avoir appris à penser.
t. Il semble que le comte n'ait
pas pardonné à Beaumarchais sa réponse, si c'est avec raison qu'on lui aUribue un pamphlet très insolent contre le Mariage de Figaro.