BILLET
A LA COMTESSK ll'AlBiNT*.
pHiis, r«> « (V'vii»>r 17lM.
Madame la comtesse.
Puisque vous voulez entendre absolument mon très sévère ouvrage', je ne puis pas m'y opposer; mais faites une observation avec moi : quand je veux rire, c'est au éclats; s'il faut pleurer, c'est aux sanglots. Je n'y connni de milieu que l'ennui.
Admettez donc qui vous voudrez à la lecture de mardi, mais écartez les cœurs usés, les âmes desséchées qui prennent en pitié ces douleurs que nous trouvons si délicieuses. Ces gens-là ne sont bons qu'à parler révolution. Ayez quelques femmes sensibles, des hommes pour qui le cœur
1. La comtesse d'Albany ^17ao- 1824), épousa Cliarles-Éilouard en 1772 et se sépara de lui en 1780.
Elle se remaria plus tard secrPtrment avec le poàte klùirï.
2. La comtesse lui avait demandé (le faire chez elle une lecture de la Mère coupable, la très larmoyante suite du Mariage de Figaro, qui tut jouée eo 1792.
BEAUMAUCHAIS.
n'est pas une chimère, et puis pleurons à plein canal. Je vous promets ce douloureux plaisir et suis avec respect, Madame la comtesse, etc.,
Beaumarchais.