‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 505 sur 558 · C-invenlion, puis du Conspil M Anciens · texte numérisé non relu

C-invenlion, puis du Conspil M Anciens

2. Il avait fait jouer déjà Ilaml (1769) et Homéo et luliette (17'

'^t de Macbeth* comme une chose niroce. 3/. Dncis, me on, suspendez quelque temps ces tableaux épouvantables ; s les reprendrez quand vous voudrez : mais donnez-nous pièce tendre, dans le goût « d'Inès^, » de a Zaïre », une ce qui fasse couler doucement nos larmes, qui vous concilie

in les femmes, cette belle moitié de votre auditoire qui en-

!inc toujours l'autre.

nu'eii dites-vous? me laisserai-je aller à ce conseil? Mais il faut un sujet qui me tente, qui porte bien aux développemens d'un cœur amoureux, au flux et au reflux de celte passion douce et terrible. Ce genre de tableau demande les pinceaux de Racine. Eh, que je suis loin de ce grand écrivain ! Il faudrait pour me soutenir, de l'extraordinaire dans les situations'.

Il me semble que je ne manquerais ni de chaleur, ni de vérité; mais il y a, dans cette passion, une certaine délicatesse fine qui m'échappe, peut-être parce qu'il m'a toujours été impossible de tromper une femme, et que toutes ces ruses d'amour ne me sont pas seulement venues dans l'idée. Je n'ai su qu'aimer et me donner sans réserve. Mais enfin il y a des sujets qui portent leur succès en euxmêmes; et voilà ce que je cherche, pour mettre quatre succès au théâtre à la suite l'un de l'autre, si j'ai le bonheur que mon Œdipe réussisse*.

J'aime à vous voir passer de Plutarque à Corneille, et surtout descendre à cette pauvre Ariane', abandonnée par un ingrat. Vous voyez que je pense comme vous. Personne n'approche de cette pureté élégante et soutenue de Racine; mais il y a dans ce rôle admirable d'Ariane, où toute la passion de l'amour est rassemblée, un fond de tendresse, d'abandon d'âme, d'ivresse et de désespoir, qu'on ne trouve

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