A BOIRE AU ROL
A Sophie.
13 novembre 1779.
Quelqu'un de ma connaissance me contait un jour qu'ayant un rapport à faire à Versailles, il était couché chez un baigneur-, et dormait d'un profond sommeil, lorsque tout à coup il s'entend éveiller par une voix très sonore, qui se mit à crier : A botre au roi. Mon homme prête l'oreille. L'instant d'après : A boire au roi, d'un ton plus grave; puis un peu plus fort; puis les mots traînés. Enfin cette voix s'élève, crie encore plus haut, tousse, crache, s'égosille, et toujours : A boire au roi. Mon ami (suppose que ce soit moi), ne pouvant comprendre ce que cela veut dire, je fais sonner ma montre. « Deux heures et demie du matin.... Que diable!... A cette heure-ci.... A boire au roi. Le grand couvert ' est fini il y a longtemps. 9u'est-ce que cela veutdire? » Je frappe du poing contre la •cloison. Chez ces baigneurs, les chambres ne sont séparées
respects par ses mœurs, son noble et inflexible courage, et la nature de ses travaux, est le dieu de l'éloquence, l'apôtre de la vertu, nous l'a toujours fait adorer, et ne prostitue jamais ses taleiis sublimes ni i là satire ni à la flatterie. •
1 En effet, presque tous ces principes, sont admis aujourd'hui.
2. Au XVII' et au xvni* siècle, on logeait chez les baigneurs comme on va à l'hôtel aujourd'hui.