BRULART AU DUC D'ENGHIEN
Même affaire; remerclments de la Gompignie an siùet de la lettre précédente.
Duon, le t4 joiOet 1682.
Monseigneur,
La lettre dont Votre Altesse m'a honoré , obligeante au dernier point pour le Parlement et pour moi, adonné à tous beaucoup de joie et eng;agé à une grande reconnaissance. Je vous assure , Monseigneur, que ce qu'elle a produit dans les esprits pour Votre Altesse m'a autant réjoui que tout ce que vous m'avez fait l'honneur de me mander de plus agréable touchant Taffaire que Messieurs du Parlement de Grenoble voudraient nous faire. Comme on est ici en lieu où on s'alarme facilement, votre lettre y a fait merveille pour rassurer les esprits : plusieurs commençaient à se trop inquiéter, et j'avais assez de peine de leur persuader qu'on n'irait pas si vite dans une chose de cette importance. Ainsi je puis dire qu'on doit déjà à Votre Altesse le repos, en attendant le reste, je veux dire la nouvelle que la proposition aura été rebutée ou abandonnée. Je me donne l'honneur de lui envoyer les remerclments de la Compagnie ; mais je vous en dois de si grands en mon particulier de la manière que Votre Altesse m'a fait la grâce de m'écrire, que quand je ne serais pas déjà parfaitement à elle, ces dernières faveurs seraient pour moi un très grand engagement à être comme je serai toujours. Monseigneur, de Votre Altesse, le etc.
BRULART
CDXXXIX
CHATEAUNEUF A BRULART
Suite dn même sujet; réponse k U lettre du 8 juillet; il rassure le Parlement sur
ses craintes et lui promet son appui.
Venailles, le 4 août 1682.
J'ai reçu depuis quelques jours la lettre qu'il vous a plu m'érrire le 8* du mois dernier avecl'édit de 1661 qui a uni les pays de Bresse, Bugey, Valromey et Gex au ressort du Parlement de Dijon, et vu ce que vous me mandez sur la prétention de Messieurs du Parlement de Dauphiné de faire joindre lesdits pays à leur juridiction ; de quoi je n'ai point encore ouï parler. Mais je puis vous assurer que s'il se passe quelque chose, je ne manquerai pas d'appuyer la justice de vos raisons, et de témoigner à votre Compagnie et à vous en particulier, que je suis toujours parfaitement, Monsieur, votre etc.
CHATEAUNEUF
CDXL
CHATEAUNEUF A BRULART
Cérémonial à suivre pour l'arrivée de Louis XIV à Dijon. — Le Roi a désigné le comte d'Amanzé et la Première Présidente Brulart pour le représenter ainsi que la Reine au baptême d'une cloche de l'abbaye de Citeaux.
Versailles, le 10 mai 16S3.
Monsieur,
Ayant demandé au Roi quels honneurs il souhaitait lui être rendus à Dijon par votre Compagnie, aussi bien qu'à la Reine et à Monseigneur le Dauphin, Sa Majesté m'a ordonné de vous
mander qu'elle désire fleulement que le Parlement vienne en Corps à son arrivée la saluer dans le logis où elle logera, sans aucune harangue, et où j'espère me trouver pour vous présenter à Leurs Majestés et à Monseigneur le Dauphin.
Au surplus, M. l'Abbé de Glteaux ayant demandé au Roi d'avoir agréable de nommer avec la Reine une cloche principale de son abbaye , qu'il fait fondre, Sa Majesté a choisi pour cet effet M. le comte d'Amanzé; et comme pour distinguer Madame votre femme de toutes les dames de qualité du pays , je l'ai en même temps proposée au Roi pour nommer cette cloche au nom de la Reine, Sa Majesté en a volontiers fait choix et l'a mandé à M. le comte d'Amanzé, afin de prendre jour avec elle pour aller à ladite abbaye. De quoi j'ai été bien aise de vous donner avis, afin d'en avertir Madame votre femme, en attendant que je puisse assurer l'un et l'autre de vive voix que je suis toujours, Monsieur, votre etc.
GHATEAUNEUF.
CDZLI
BRULART A GHATEAUNEUF.
Solennité du baptême de la cloche de Tabbtye de Ctleauz.
Dijon, le 23 juin tôSS.
Monsieur,
La bénédiction de la cloche de Glteaux y fut faite
hier avec beaucoup de cérémonie. M. d'Amanzé se rendit pour cela à la Borde ; de là on alla en cette abbaye où M. l'Abbé officia pontificalement ; plusieurs personnes de qualité du camp y assistèrent. La cloche était couronnée de fieurs et suspendue entre des bois en forme de colonnes aussi garnis de fieurs; les chaises de M. d'Amanzé et de M"» la Première Présidente, placées à côté, élevées de deux marches sur un tapis de pré. Il y
eut ensuite un grand dîner à plusieurs tables. Les portes de tous les lieux réguliers furent ouvertes pendant le reste du jour. Par respect pour la Reine, tout se fît avec beaucoup d'ordre, de piété et de magnificence , et répondit autant qu'il se pouvait à la dignité des personnes royales qui étaient là représentées. Je suis avec mon respect et mon attachement ordinaire, Monsieur, votre etc.
BRULART
CDZUI
BRULART A GHATEAUNEUF.
U Parlement en Corps a atsisié au lerrice fanèbre de M. BoQchn.
Dijon, 1« «7 jaiUet 1683.
Monsieur ,
La famille de M. Bouchu lui ayant fait faire un service solennel , je ci*us que la considération qui est due à ceux qui sont honorés de Texérution des ordres de Sa Majesté dans un emploi comme était le sien devait porter le Parlement à y assister en Corps. La proposition fut approuvée ot sur-le-champ exécutée. Sa place est remplie d'un homme dont le nom et le mérite donnera de la joie à celte province (1).... Je suis, Monsieur, votre etc.
BRULART
(1) Achille du Harlay, deruier magistrat do ce nom, plu;» tard, coûseillei d'Etat et ambassadeur eu Hollaude.
CDXLIII
BRULART A CHATEAUNEUF
Préséance justifiée dn Parlement sur la Chambre des Comptes; celle-ci annonce son intention de marcher de pair avec ce Corps lors da service fnnèbre de la Reine; inconvénients signalés d'nne semblable prétention.
Dqon, le 23 août 1683.
Monsieur,
La cérémonie funèbre de la Reine se devant faire ici les 9 et 10 dn mois prochain, les ofQciers de la Chambre des Comptes ont fait savoir à Messieurs du Parlement qu'ils sont résolus de les croiser en sortant du chœur de Téglise , d*où le Parlement doit retourner en Corps au Palais et l'autre Compagnie chez elle ; ce qui étant nouveau et sans aucun exemple parmi nous, il a été résolu qu'on ne souffrirait pas ce croisement qui, dans la vérité, n'a jamais eu Heu que lorsque les Compagnies se sont trouvées ensemble à des processions avec un certain nomlN*e d'officiers «;t non pas avec le Corps entier. Mais comme je ne puis douter, si les uns et les autres continuent dans les sentiments qu'ils prennent, qu'il n'arrive du bruit, même du scandale d&ns l'église, je crois de mon devoir de me donner l'honneur. Monsieur, de vous avertir assez à temps pour qu'il plaise à Sa Majesté d'avoir la bonté de prévenir et d'empêcher ce désordre par son autorité. Messieurs des Comptes se fondent pour croiser^ sur ce qu'il y a un règlement fait en 4663 entre les deux Compagnies, homologué au Conseil, portant qu'aux processions générales les deux Compagnies marcheront côte à côte, le Parlement à droite et la Chambre à gauche, et qu'au sortir du chœur de l'église les officiers du Parlement pour reprendre la droite et ceux de la Chambre des Comptes la gauche se croiseront; de sorte qu'après moi le Premier Président des Comptes passera, et ainsi les autres consécntivement. Mais ce règlement n'a jamais été
•ïsuakiadp^n- jcr ^tr> •^xiecat^ entr^ ks •iÀwnpAtgnîe? étant eiiCûff|is, BÂï ^u^-sir^c: ^jr««^%Jîi<< ^«^ <oot trouvées ^n aofubfv ecal de dépAfe^. pKini^ 'i^-r l/^ Pxrl<^!Di?nt rtmt compos^^ d«^ qQatz>^-viB^t^ fijffif*if*rf «^t JA •ZLisibni d^ Oitnpt»*:? «paiement de tr^nte-o-Mif. 3 arriT*(rû: '^2^ ^ Le:^ Corpé «j^nti^rf «e crotsaient. |4a« de quarante tiffiditf« du Fari-Mneaft marciiefaîent non seulement après ie étr- Mr cvàitri^ di» Gûoiples. mab en^^ore qulk «e croiseraient aT«r linst. tant 4ik£:«?ar?*piK i^orreiftenrs. zpnf< lesquels mareheraîent enrar«^ p4iis de riazt <»jaseîQer5. Cet îneonTénient fil former à U première t>?k!aâoa de prœession après ce règlement une delibérat>jn qtd fat azn^ee par la Chambre des Comptes et a depob tonjonrs eie exèentëe paisiblement, portant qne les officiers da Fniement iront anx proeessions an nombre de ringt senlement. savoir : nn président et dix-nenf conseillera. Mais il se voit par ■os registres qne lorsque depuis ce règlement le Corps entier s'eçt tronve à des cérémonies arec la Chambre des Comptes : comme an serrire de Lonis XID en 1(^13. â celni de M. le Prince en I^T. â celui de la Reine mère en 1666, il ne s'est point séparé : qne tons ses officiers ont jeté de lean bénite, été à rdfraiid*^ et aurv.he poor r^toaruer au Palais sans avoir été croise-?. Il y e ;: dif^ouite aa serri. e de la Reine mère pour l'eau bénite e; poux : oifrande ; mai? ii fut convenu qu'on suivrait à ravenir i uia-;'? d»:::? Ojmpamies de Paris et cependant que tous les o&oiers du Parlement donneraient de l'eau bénite à la tin du service, ce qui l'ut exe^i^ute. Messieurs des Comptes s'étant retires pendant <.»rla injiir retourner à leur Chambre par la porte à gauche. U plus proche du chœur. J'écrivis à M. de Sainiot ensuite de »ette • onvention p»jur demander comment on en usait à Paris ; il me dt la réponse dont je joindrai ici la copie , par où vous verrez. Monsieur, qu il n'v a ni offrande ni eau bénite, mais qu^ le Roi aaccoutum»* d'envoyer une lettre du cachetais Chambre des Comptes en cette rencontre pour lui ordonner, eu attendant que la difficulté soit rè«lée, de sortir par la porte à srauche du côté de l'antel. Je suis persuadé que celle de cette ville s'accommoderait fort d*on pareil expédient et qu'il pacifie-
rait tout. Je me conformerai à ce qu'il vous plaira me mander et vous témoi^erai toute ma vie que je suis avec un extrême respect, Monsieur, votre etc.
BRULART